mardi, 31 août 2010
52,3 kg
Je suis à Bordeaux depuis désormais quinze jours, hébergée par un ami qui vit selon ce principe auquel j'adhère totalement: pourquoi s'emmerder à faire des courses et cuisiner un repas médiocre alors que la ville est truffée de restaurateurs talentueux ? Donc, depuis deux semaines, c'est restaurant midi et soir. Et nous ne sommes pas vraiment du genre à commander un poisson vapeur avec des courgettes et une bouteille de san pé'.
J'ai un toc, dès que je vois une balance, je monte dessus, pour la simple et bonne raison que je n'en ai pas chez moi, pour la simple et bonne raison que la courbe de poids est un truc qui me fascine grave.
Je découvre donc en arrivant à l'appart' que je pèse 52,3kg, poids satisfaisant si on prend en considération mon régime alimentaire estival.
Après huit jours de magrets et de fondants au chocolat, je décide de me relancer dans l'ascension du pèse personne afin de constater l'étendue des dégâts.
Je pose un pied, puis deux, yeux fermés, j'inspire, bloque, et entrouvre un oeil que je pointe vers le sol.
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dimanche, 29 août 2010
La face cachée de Bordeaux.
J'ai découvert la face cachée de Bordeaux, effrayante, dissimulée sous cette façade de normalité qui me séduisait tant, planquée derrière le tram, le long de la Gironde, non merde, de la Garonne: ici tout le monde fait du sport. Tout le monde. Sur les quais, du matin au soir, du soir au matin, y a des gens qui courent, qui pédalent, qui sautillent, qui s'étirent. Des jeunes, des vieux, des mecs en béquilles, des cagoles sur des talons de 12, des punks à chiens, même ces saloperies de pigeons, ici, ils volent pas, ils ont pas le temps, parce qu'ils font du footing.
C'est très très effrayant, toute une ville qui court et pédale tout le temps, en souriant qui plus est. Moi je trouve ça suspect. Et lorsque tu rejoins quelques amis, pour profiter de la vie autour d'un bon repas, le sport s'invite à table.
- Et toi ioudgine, qu'est ce que tu pratiques comme sport ?
- Pardon ?
- Ton sport, c'est quoi ?
- Mon sport ? Haha, je… Hum je… J'aime bien le foot.
- Tu joues au foot ?
- Hahaha non. Je… regarde.
- Mais tu fais bien du sport ?
- Oui Oui je… le matin je m'étire et…
- Ah ! Yoga ?
- Kind of...
Donc voilà, on a dit que je faisais du yoga, comme ça, personne ne m'a jeté de pierres à la gueule pendant que je finissais mon dessert.
08:37 Publié dans HEIN HEIN | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 26 août 2010
Picrate
Je m'étais un peu éloignée du monde réel ces dernières années, aussi je ne communiquais plus, me contentais de faire acte de présence, de temps à autres, pour ne pas que mon comportement semble trop suspect et qu'on me lance au fond d'une camionnette blanche.
Ce que disaient les gens ne m'intéressait que s'il s'agissait de l'écho de ma propre pensée, pour autant je détestais qu'on parle de moi, je trouvais cela gênant, car il n'y avait rien d'intéressant à dire. Il n'y a toujours rien d'intéressant à dire. Reste à définir "intéressant", mais on a tous autre chose à foutre.
Culpabilité de ne pas être intelligente, de ne pas avoir fait les études brillantes que dix ans après je regrette. Non pour le métier auquel elles m'auraient menées parce que je pense que je serai tombée là où je suis quel que soit mon cv, mais pour le prestige, tu vois ? Là c'est médiocre. Parce que quand tu sors tard, tu ne peux pas te lever tôt. Je ne peux justifier cet échec autrement. Développer serait inutile.
15:10 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mercredi, 25 août 2010
Bobo neurone.
Je suis acculée.
Non, relis doucement.
Je suis au fond du trou noir de l'inspiration.
Non, relis doucement.
Je ne panique pas, car il faut bien raison garder, parfois c'est ainsi, l'inspiration s'en va, mais l'expérience m'a appris cela; elle revient toujours. L'inspiration, c'est la femme du boulanger et je ne me priverai pas de la traiter de garce lorsqu'enfin elle pointera à nouveau le bout de son nez, la queue entre mes jambes.
Non, relis doucement.
Ah non merde, faute de frappe.
Si j'avance mais que tu recules, sale trainée, tu m'accules, lui lancerai-je, en guise d'intro. ça pète.
13:36 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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samedi, 21 août 2010
bordelaise
Je suis bordelaise depuis quelques jours et pour quelques autres encore, je n'avais encore jamais mis les pieds dans cette ville. Je souffrais d'une appréhension terrible étant donné que les deux seuls bordelais jamais croisés dans mon existence consciente (avant le 3ème verre) étaient deux sombres connards prétentieux, j'avais donc, par précaution, étendu cette particularité à l'ensemble de la population de la ville et refusé jusqu'à présent de l'honorer de ma présence.
Puis, la vie parisienne m'étant devenue pénible, et des amis me proposant l'asile bordelais, j'ai décidé de mettre de côté mes préjugés et d'offrir à Bordeaux une deuxième chance. Parce que je suis le genre de gonzesse qui accorde des secondes chances. Plusieurs de suite, parfois. Bonne poire la meuf.
Trois heures de tigivi, un bébé hurleur, un voisin ronfleur, et me voilà chez les bordelais, armée d'une valise géante contenant tout le nécessaire pour assurer ma survie durant quelques semaines.
Car je n'étais pas certaine la ville soit munie de magasins et que leurs appartements soient conformes aux normes de sécurité européennes en vigueur, j'avais donc prévu de pouvoir vivre en autarcie à l'intérieur de mes bagages.
Quelle ne fut ma surprise de découvrir que l'électricité semblait installée partout, que de nombreux véhicules sillonnaient les rues et que les toits des habitations n'étaient fait non pas de chaume mais d'ardoises. Comme dans les capitales.
12:24 Publié dans MA VIE | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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dimanche, 15 août 2010
Penser à ne pas penser.
Le passeport c'est comme l'amour, c'est lorsque tu arrêtes de le chercher que tu tombes dessus.
J'ai donc décidé de cesser de retourner tout mon appartement à la recherche de ce foutu document. Et de me faire violence afin de ne plus y penser.
Vous savez que c'est très dur de ne pas penser à un truc ? Les hommes savent faire, ils sont équipés d'une sorte de remise dans leur cerveau, réservée aux choses dont ils ne souhaitent plus s'encombrer. Pour les femelles, c'est tout de suite plus compliqué. Nous dans notre tête, ça se passe comme ça, y a un neurone (l'unique raisonnable) qui lance l'ordre:
- Elle ne doit SURTOUT pas penser à cela. Cessez immédiatement toute référence au passeport, bloquez la préoccupation numéro 048020100834. No speculations !
Et là, y a TOUS les autres neurones - enfin, les deux autres et demi - qui répondent:
- Oui chef. C'est noté. Alors nous n'allons plus penser qu'à ça. Jour ET nuit.
C'est crétin un cerveau féminin, ça ne fonctionne que dans la tourmente.
Bref, je déambule dans la rue, hyper concentrée - pour constamment penser à ne pas penser et ne jamais relâcher l'effort, sinon je repense de plus belle - lorsque se pointe ce type, qui marche vers moi et s'arrête à ma hauteur. L'air aimable, et séduisant peut-être, il m'adresse la parole.
- Bonjour, je suis l'amour de ta vie.
- Mais tire-toi, c'est mon passeport que je ne cherche pas !
Il fixe ses pieds quelques instants, s'apprête à reprendre la parole, me regarde dans les yeux, se renfrogne, renonce à s'exprimer, puis fait demi tour sur les talons avant de disparaitre dans la foule des bonnes femmes à poussettes qui gangrènent les trottoirs à l'heure du goûter.
Alors je rentre chez moi, je repense à cet homme, cette rencontre incongrue, je ne pense plus qu'à cela. Par réflexe je cherche un paquet de clopes dans mon sac - car on pense plus profond en tirant sur une blonde - et alors que je tâtonne entre les stylos, les tic tacs, les nicorettes et les allumettes, mes doigts tombent sur mon passeport.
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vendredi, 13 août 2010
Le canapé
Quand j'étais petite, j'adorais les déménagements. Pour commencer, la visite de la maison, la baston avec mon frère pour savoir qui aurait la plus grande chambre, et puis l'ancienne baraque qui se vidait, et la nouvelle qui se remplissait, par magie.
Puis j'ai grandi, et ai découvert les joies du déménagement sans déménageurs. Et encore, à l'époque il n'y avait pas facebook, tu ne pouvais pas poster un statut larmoyant implorant à l'aide un dimanche matin:
"Recherche gros et petits bras pour m'aider à quitter ma grotte et intégrer mon nouveau chez-moi hihi <3"
C'est devenu de plus en plus compliqué d'appâter les gens pour un déménagement. A 20 ans, la promesse d'une bouteille de vodka et d'un space cake suffisait à mobiliser l'ensemble des potes, 10 ans plus tard, tout le monde fuit cela comme la peste. Moi la première.
09:03 Publié dans MA VIE | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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jeudi, 12 août 2010
Les vaches (3)
- Et encore, c'est rien à côté des Limousines. La Limousine, elle te coince, elle te fait la peau.
C'est Agri One qui me raconte ça tout en matant les vaches. Au troisième verre de vin, je suis prête à croire à peu près tout, aussi je me contente de hocher la tête, même si je vois pas le rapport avec les voitures.
Oui, on se tutoie. Cela s'est passé entre le 2ème et le 3ème verre. On attend Jérôme, qui a un fusil hypodermique. Ici, tout le monde appelle ça un fusil thermique, moi je les reprends pas, d'une parce que je suis en infériorité numérique, j'entends par là seule, de deux parce que j'aimerais bien me débarrasser des vaches depuis que je sais qu'elles sont méchantes, de trois parce que troisième verre.
Et v'là t'y pas que le Jérôme arrive avec son fusil.
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mercredi, 11 août 2010
Les vaches (2)
Finalement, un monsieur inédit nous rejoint - les vaches et moi, trio bovin du fond de mon jardin - l'inconnu se présente comme étant le propriétaire du terrain jouxtant celui dont les vaches se sont enfuies, l'affaire prend alors une tournure géopolitique. Puis les trois autres agriculteurs ainsi que ma copine défoncée se repointent, l'air soucieux et saouls. L'un d'eux me dit:
- Vous devriez pas vous tenir si près d'elles, y en a une qui est dingue, elle attaque l'homme.
Et les autres de hocher la tête en regardant les meuh meuh comme s'il s'agissait de bêtes féroces, et moi de reculer derrière ma cops, afin qu'elle décède à ma place. De toute façon, elle ne capte plus rien, au pire, ça la fera rigoler bêtement de se faire éventrer.
S'en suivront quelques minutes de contemplation de la situation puis une suite de débats fascinants, qui m'amèneront d'ailleurs à torpiller mon compte twitter.
Débat numéro 1: c'est par où qu'elles sont rentrées dans vot' jardin ? Par le chemin ou par la route ?
Table ronde que je clos rapidement d'un fort aimable:
- Je m'en cogne de comment qu'elles sont entrées, moi ce qui m'intéresse c'est comment qu'elles vont sortir.
Là, on m'explique que c'est délicat, rapport au fait qu'une vache c'est une saloperie butée, et que ça court tout droit devant elle en pétant tout sur son passage, et que si je veux pas me retrouver avec deux bovidés dans ma salle de bain j'ai plutôt intérêt à leur laisser le temps de réfléchir au problème.
J'effectue un rapide devis dans ma tête, et obtempère. Car quand t'es freelance, tu ne peux pas te payer le luxe de prendre le risque de voir ta maison se faire trépaner par une bande d'herbivores susceptibles.
13:16 Publié dans HEIN HEIN | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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