lundi, 08 février 2010

Oh regarde, une branche qui se déplace !

Hier, avec Bibiche, on a fait un arrêt par Phang nga (cherche pas, c'est imprononçable), avant d'aller lézarder sur quelques plages plus au nord. Phang Nga town, comment te dire ? Tu vois la mort ? Enfin la représentation qu'on peut s'en faire ? Ben c'est ça, mais en pire. C'est moche, les gens sont méchants et je crois même qu'ils mettent du sel dans le café.

Mais comme nous devions y passer la journée et la nuit, nous nous sommes dit, prenons notre mal par les cornes, non, notre mâle en patience, non... notre mâle par la corne... enfin bon tu vois, et allons donc nous balader dans les environs, because il parait que c'est genre beautiful à t'en faire saigner les yeux. Comme on pleurait déjà, on s'est dit, autant chialer du sang, ça fera des chouettes photos souvenir pour la famille.

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samedi, 06 février 2010

Vers 17 heures

Chaque jour, vers 17 heures, un son traverse la forêt, s'écrase sur les falaises et se meurt dans les vagues.

Hier, c'était à 17h14.

Ce son, c'est un soupir.

Jeudi, à 17h08.

Un soupir de satisfaction.

Chaque jour, vers 17 heures, l'électricité revient et les dizaines de personnes qui attendaient le retour de la climatisation, des ventilateurs, et de quelques volts pour recharger leurs ordinateurs et autres smartphones reprennent goût à la vie.

Chaque fin de matinée, vers 11 heures, l'électricité est coupée. Seul est maintenu le strict minimum, grâce à un groupe électrogène d'appoint; les réfrigérateurs et le wifi sont ainsi conservés, au frais.

De 11 heures à 17 heures, ce sont les plus chaudes heures de la journée, celles où l'air bout sous les toits de tôle, et où les pieds nus ne peuvent effleurer les planches des terrasses sans se brûler.

De 14 heures à 17 heures, c'est là que je suis censée bosser. Tu sais, pour la vraie vie. Après avoir fait plouf dans la mer, le matin, après avoir fait l'otarie blessée, sur la plage, abandonnée.

Puis, coquillages et crustacés, c'est le déjeuner.

Puis un hamac, à l'ombre, pour planifier les hostilités, et enfin, ma remontée, pénible, vers le bungalow, pour récupérer mon ordinateur et gagner ma vie. La vraie. Mais si, tu sais.

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jeudi, 04 février 2010

Just climb

Toujours à Tonsai bay, face à Ao Nang (à ne pas confondre avec une affreuse plage du même nom pleine de gens sur Koh Phi Phi) toujours à me dire que je vais rester ici forever, dans mon bungalow plein de bestioles perché au dessus des arbres, toujours à demander à Félicie "dis Bibiche, c'est suspect non, que l'araignée géante du coin de la terrasse ait disparu, hein?" et à l'écouter me répondre "non, c'est la mante religieuse lamantin qui l'a bouffée, au moment où la chauve-souris poney allait attaquer le lézard génisse".

J'en peux plus des bêtes géantes, mais ce n'est pas le propos, enfin... pas vraiment.

J'ai découvert ici une nouvelle catégorie d'humain, ce sont... comment dire ?  Ils sont jeunes, beaux, extrêmement bien gaulés. Tellement bien foutus, d'ailleurs, que c'en est indécent, ils déambulent, ça et là, c'est... c'est...

C'est comme un surfer, sauf qu'ils surfent pas.

Vous voyez pas du tout ?

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mardi, 02 février 2010

L'animal branche, le burglaries, la nature

Avec Félicie, nous avions soif de calme et de retour à la nature. Enfin, le retour à la nature, moi j'y tenais pas plus que ça mais que veux-tu, je sais faire des concessions histoire d'éviter que Bibiche prenne son air pincé et me dise "non mais on fait comme tu veux hein, ça me va TRÈS BIEN". Mais faut le vivre pour bien comprendre à quel point c'est glaçant.

Bref, nous sommes donc passées par cette immondissime ville de Ao Nang, pour poser nos sacs dans un coin et filer léger vers Tonsai Bay, face à Krabi, sorte de... sorte de paradis, n'ayons pas peur des mots. Imaginez une baie, entourée de falaises immenses, et une petite plage, les bungalows en remontant dans la forêt, perchés à flanc de colline au dessus des arbres, et au milieu, une sorte de village hippie avec les restaurants et bars les plus peace du monde. Va savoir pourquoi, avec Bibiche, on se retrouve toujours dans les coins hippies, je te sors du paix et amour sur ton champ de fleur à longueur de journée, ce qui ne m'aide pas à aller mieux. Dans ma tête, tu vois ?

Alors, en arrivant, de la terrasse de notre nouveau bungalow conjugal, j'ai poussé plein de cris de Ohhh et Ahhh (non mais sérieux, c'est juste... pfiou), jusqu'au moment où j'ai réalisé que nous étions en pleine forêt, comme les Ingalls, mais dans la forêt quoi. Puis j'ai vu les moustiquaires au dessus des lits, et j'ai demandé à Félicie, "c'est pour faire quoi ça ?" En prenant mon air suspicieux.

Elle a répondu (en soupirant si je me souviens bien), "ben c'est pour les bêtes."

LES BÊTES.

Jésusmariejoseph.

Plein.

De bêtes.

Les bêtes, ici, je les ai scientifiquement classifiées en 3 catégories.

Celles à effet," oh c'est beau" (rare); le colibri, le papillon et Nemo.

Celles à effet "j'ai peur, je panique, et je fais n'importe quoi" (fréquent, trop); des singes (je hais les singes), des serpents (je hais les serpents), des araignées (de type énormes et fourbes),  des chauves-souris (rats volant, hein, quand même), des frelons-poneys, des lézards géants, des cafards géants, enfin plein de trucs géants,  et ces moustiques super agressifs qui te regardent dans les yeux avant d'aller te pomper le sang à travers tes vêtements.

Et... dernière catégorie, les bêtes terrifiantes (pas hyper fréquent mais suffisament pour fixer le plafond pendant 1 heure avant de t'endormir pour essayer de pas y penser., le soir). C'est simple, y a l'animal branche et le burglaries.

L'animal branche, c'est un truc, tu penses que c'est une branche, et en fait, c'est un animal. Parfois, il y a un animal feuille vivante ou même un animal feuille morte. Autant te dire que tu deviens un peu parano et que tu vois la végétation d'un autre oeil. Autant prévenir aussi qu'en retrant à Paris, je risque de coller un uppercut au premier qui aura l'idée saugrenue de m'offrir des fleurs. L'animal fleur existe très probablement, ne nous leurrons pas. Je prédis aussi qu'ils vont bientôt envahir le monde et exterminer la race humaine mais Félicie me soutient que je raconte n'importe quoi.

ON VERRA BIEN HEIN.

Le burglaries c'est... ma légende urbaine depuis Koh Phangan. Ce jour-là nous avions passé la journée à croiser des bêtes étranges et épouvantables, sur terre, en mer, dans les airs, donc nous étions un peu psychologiquement ébranlées.

Télétransportons-nous au moment des faits.

Je suis sous la douche, à essayer de me rincer les cheveux sans pression, et Félicie me demande soudain, depuis la chambre, d'une voix étranglée;

- Dis Mamour, c'est quoi un burglaries ?

- Je sais pas, réponds-je un peu paniquée. Pourquoi ?!

- Ben ils disent que certains rentrent dans les bungalows et qu'il faut faire gaffe. Y a un warning, même.

- OH MON DIEU QUELLE HORREUR.

À cet instant, dans mon esprit, le burglaries est un immonde animal mutant, se situant à mi chemin entre le varan de komodo et la tarentule. Un varentule. Tu vois ?

- Putain mais Bibiche, on se casse! lance-je, le shampooing glissant avec terreur sur mon front pétrifié (non ça veut rien dire mais ça correspond vachement à l'ambiance)

- Attends... Ils disent qu'en plus, ils volent les CB et les passeports...

Enculés de burglaries... Non seulement ils sont d'immondes animaux mutants, mais en plus, ils pillent leurs victimes.

- Mais... ils attaquent l'homme ?

La panique était alors à son comble.

Puis, je suis sortie de la salle de bain.

Puis on a lu le papier en entier.

Puis on a eu un peu honte. Faut dire que la peur, ça nous fait perdre notre américain.

Clique donc sur l'image.

Photo003.jpg

Cela dit, je reste persuadée que les burglaries existent et qu'ils sont d'immondes animaux mutants, j'espère juste qu'ils ne s'allieront jamais aux animaux branches. Sinon, nous sommes foutus.

dimanche, 31 janvier 2010

Toujours en avance !

Adieu Koh Phangan, les russes, la décadence, la full moon party et cet événement alternatif connu par nous seules (pour le moment); la grosse moon party (dont je vous parle pas car l'historique est assez complexe et flou), Félicie et moi avons décidé de nous attaquer à l'autre côté du sud de la Thaïlande. En résumé, au revoir Golfe de Siam, t'étais bien sympa mais nous fuyons vers la mer d'Andaman dont le nom permet quand même de faire vachement plus de jeux de mots LOL. Tu vois pas lesquels ? Moi non plus, mais ce n'est qu'une question de temps, j'ai flairé le potentiel.

Il existe ce truc très drôle avec les transports en Thaïlande, il est très facile de se déplacer, et on arrive toujours à bon port, mais... c'est quand même un vaste bordel au sein duquel, à toi, pauvre touriste ballotté, on ne fournit pas la moindre information de type, où est on ? S'arrête t on pour manger ? J'ai envie de faire pipi, je fais quoi ? Le bateau penche vachement et il y a des gens à la flotte, quelle est la procédure ? Non, rien et quand tu poses la question, on te répond un bidule que tu saisis pas bien donc bon...

Et puis y a des trucs pas cohérents.

Avec Bibiche donc, on a dit, stop Koh Phangan parce qu'au train où ça allait on allait finir par tout plaquer pour monter une cahute au bord de la plage où on aurait vendu des paniers tressés aux touristes en faisant style on parle que le thaï. Donc comme ça nous saoulait de nous taper Koh Samui, nous avons décidé de tracer sur Krabi direct, de l'autre côté, donc, oui je sais j'ai déjà dit tout ça, t'as qu'à taguer "redondance" et on n'en parle plus.

Alors nous demandons au mec de l'hôtel qui annonce "no problem, tickets to Krabi 1000 baths". "T'es bath man", qu'on répond parce que ça nous fait rire à CHAQUE fois.

Onze heures, un taxi nous jette au port. Le bateau part à 12h30, mais les thaïlandais ont ceci de commun avec moi qu'ils kiffent arriver des plombes en avance, histoire de se laisser le temps de poireauter en plein soleil pendant des heures jusqu'à ce que mort s'en suive presque.

La veille, le mec (le bath man, donc) nous a dit, 3 heures de bateau, puis 5 heures de car, donc à Krabi vers 20h30. (enfin, moi je soutiens qu'il a dit "tree ours bat end fire our ka, so caddye a run eye and firsty", mais Félicie m'assure que non et que je suis trop conne)

Bref 8 heures de plouf et de vroum, trop la joie quoi, je vous raconte pas comment je respirais le bonheur et l'amabilité au p'tit déj. Finalement, avant même qu'on ait fossilisé, le rafiot arrive, on s'entasse là dessus et vogue la galère, sur le pont, sous le soleil, à se dire "oula faudrait un peu moins de vagues sinon le fried rice va repartir dans la nature".

Au bout de deux heures, on nous explique qu'on est arrivé. Ok, on répond, il manque pas une heure, là ? Un monsieur speed rétorque un truc que j'essaie même pas de comprendre étant donné que je capte jamais rien quand les thaïlandais me causent et que j'ai pris l'habitude de me contenter de jeter un regard de veau mort à Bibiche pour checker dans sa rétine si tout va plus ou moins bien ou pas. Bibiche est en osmose avec le peuple thaï, c'est ouf.

30 minutes à attendre sur un parking en bitume avec tout plein de touristes, puis un monsieur (méchant), passe devant nous en hurlant "Caddy beu air con", Bibiche m'expliquera plus tard qu'il criait "Krabi bus air conditionné". Ah ouais, quand même.

Le trajet de 5 heures se termine finalement en 2h20 et nous voilà, hyper tôt, posées, à nous dire, ben merde alors on va passer la journée dans cette moche ville de Krabi alors qu'on aurait pu aller direct à Tonsai nous vautrer on the beach comme deux grosses otaries. What the fuck ? avais-je donc envie de crier en levant les bras au ciel comme dans les publicités pour narta invisible qu'on voit rien.

Tout ça pour dire quoi ?

En France, les transports sont souvent en retard, c'est chiant et on ronchonne. Mais je vous promets que se taper 3 ou 4 heures d'avance sur le timing prévu, c'est bien pénible aussi.

Oui, oui, je me plains. Je trouve toujours un moyen de me plaindre.

bisous et tout.

vendredi, 29 janvier 2010

Diverge

Je suis à la terrasse de ce café presque toujours vide, dans cette baie du nord de Koh Phangan, sur cette plage dont je prononce toujours mal le nom, ce qui donne autant d'occasions à Félicie de me reprendre dans un soupir, en articulant bien, ce qui a le don de m'agacer.

Félicie n'aime pas quand je massacre les noms thaïlandais, mais elle est patiente, c'est son côté prof, elle me reprend, répète, naturellement. Moi, je ne l'écoute que d'une oreille, alors je m'agace peu.  Et puis, j'ai vachement régressé, aussi. Notre couple est solide, entre mutisme, maternage et surdité.

Je suis là, donc, à l'ombre d'un palmier, j'ai le wifi pendant encore quelques heures, alors j'en profite pour squatter un peu le web, alors que je suis censée travailler, mais diantre, c'est trop tentant, de diverger, se disperser, divaguer. Et puis je risque de prochainement traverser une période sans Internet, alors je m'en gave avant de m'en priver. Bien légère privation, je dois le reconnaître, tout cela ne me manque que peu. Les emails me suffisent, le reste... ce n'est que du vent. Un vent rigolo, ou énervant, mais bon, un simple filet d'air, pollué qui plus est, un écho quoi. On s'en fout.

J'ai une quantité démentielle de travail à accomplir au plus vite. C'est bien simple, il ne s'agit que d'urgences, alors je ne sais pas trop par quel bout les prendre, ces choses à faire. Je les reluque, les remue du bout du pied, parfois je m'en saisis, les malaxe un peu, pour vite les reposer, de peur de... de chais pas quoi.

Il faut que je m'y mette, les journées défilent terriblement vite, j'ai les yeux perdus dans les vagues et je me dis que... vraiment...  moui, il est temps. Puis après avoir divagué, je dihorizone. ça veut dire que je me perds dans l'horizon. Il s'y passe tant de choses, faut dire. Immuablement, ensuite, je pense à des hommes, je diverge.

Ici, il n'y a que des russes. Des russes partout, et nous. Parfois, ils se retournent vers nous et demandent si on veut un champignon. Alors on répond que c'est gentil mais qu'on a déjà déjeuné, et ils rient. Je sais pas pourquoi. D'autres fois, ils se retournent vers nous et nous tendent des cigarettes roulées. Alors on répond, ah bah ça c'est sympa dites donc. Puis, 20 minutes après, on danse autour d'un feu de bois, sur la plage, avant d'aller plonger, au milieu des rochers. La mer la nuit, c'est orgasmique. je dimerbynight, alors.

Tout va bien. Mais je crois que pour bosser, je vais plutôt tenter la côté ouest du sud de la Thaïlande, parce que là, bizarrement, je diverge, je me disperse, je divague.