mercredi, 18 février 2009

Romance

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Il m'a dit je t'emmène dîner, et croyez moi que cela ne souffrait aucun début de négation de ma part (il me connait), alors je suis passée dans la salle de bain raccorder mon maquillage, enfin, je ne me maquille presque pas, mais ça fait bien de dire que je suis allée raccorder mon maquillage, en fait je suis allée faire pipi. A ma sortie de la salle de bain, j'ai été accueillie par la trompette de Miles Davis qui avait envahi l'espace, il m'a tendu mon verre au tiers encore plein de ce très bon vin blanc que nous partagions, nous profitions une dernière fois de cette ambiance parfaite avant d'aller au restaurant et d'affronter ce passage obligatoire qu'était le froid un peu cinglant des nuits de sa ville.

Puis il m'a aidée à enfiler mon manteau, passée mon sac, et invitée à sortir de son appartement. Nous avons descendu les étages en silence, dans la cour, il m'a prise par le bras, impérieusement, mais pas trop, puis m'a guidée vers ces rues que je ne connais pas. Nous avons traversé la place, comme deux bourgeois, un peu teintés d'alcool mais pas trop, puis nous avons emprunté la deuxième rue perpendiculaire à celle où les boutiques me plaisent.

Enfin, nous sommes arrivés devant le lieu de notre dîner, mes yeux ont brillé en découvrant les lettres de l'enseigne, il a passé une main dans mon dos pour me pousser légèrement à l'intérieur de l'établissement, il sait que je rechigne à pénétrer dans des lieux clos, surtout ceux destinés à y manger.

Je suis entrée, sans tituber mais un peu ébahie, la lumière a saisi ma rétine, habituée à la pénombre, aux lueurs calfeutrées de son appartement. J'ai alors senti la pression se renforcer en bas de mon dos, message de cette main m'indiquant que tout va bien. Nous avons pris place comme chacun l'aurait fait. Simplement. Nous avons discuté de tout et surtout de rien en attendant qu'un serveur se trouve face à nous, finalement l'attente a été bien courte. Comme d'habitude, alors que j'avais largement le temps d'appréhender, je me suis retrouvée muette quand ce dernier s'est enquit de ma commande, alors mon homme attentif a pris le relais en égrénant ses choix, m'offrant ainsi une précieuse minute d'hésitation supplémentaire, puis à mi mot, je lui ai livré mes envies gastronomiques, pas au serveur, mais à lui, qui transmettait ensuite avec un léger sourire aux lèvres au type amusé de notre manège de gamins un peu vaporeux.

Puis l'intrus s'est éloigné, mais très peu de temps, à peine reparti en cuisine, l'homme au tablier est revenu vers nous, je l'ai regardé intriguée, je sentais poindre une mauvaise nouvelle, mais quelle pouvait elle être, tout semblait si parfait et harmonieux. Puis il a lancé la nouvelle; "on a plus de potatoes, mais en ce moment on fait des frites oignons-fromage, j'vous en mets à la place?"

J'ai refusé. Dignité first.

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Commentaires

Ah… le service des Buffalo Grill, depuis qu'ils ont perdu leur 3e Torchon Carreau du Guide Gros & blaireaux, c'est plus ce que c'est… Heiiinggg Billoooute ?

Écrit par : imposture | mercredi, 18 février 2009

Potatoes // frites oignon fromage (honteusement servies avec la sauce potatoes d'ailleurs...).

Je vote plutôt pour un McDonald's!

Aaaaaahhh quelle belle attention d'emmener sa dame "claustrophobe" (j'te laisse donner la définition de ton mal si le terme ne convient pas) dans un restaurant américain permettant de déguster son plat loin dudit restaurant, et au grand air!

Écrit par : Miles | mercredi, 18 février 2009

:)

Écrit par : François | mercredi, 18 février 2009

Un sans-faute.

Bravo.

Écrit par : Bruce B. | mercredi, 18 février 2009

mais c'est que tu écris bien quand tu veux, et la chute! billet préféré depuis la soirée cul façon easton ellis.

Écrit par : F | mercredi, 18 février 2009

imposture, mac do, mac do, buffalo c'est au moins pour... mon anniv, ou un truc énorme dans ce genre tu vois?

Miles, gagné. et puis on dira pas qu'en vrai c'est moi qui me suis roulée par terre pour aller au mac do... des mois voir des années que j'y avais pas foutu les pieds, c'était fête!

François, ben voilà, c'était à peu près ma tête..

Bruce B, tu es un homme de goût

F, j'ai vécu une soirée cul moi? putain faudra que je relise mes archives

Écrit par : Perséphone | jeudi, 19 février 2009

ce mec ne sait pas vivre... il doit te précéder pour entrer.

Écrit par : mry | jeudi, 19 février 2009

si si il sait vivre, mais passer devant moi pour entrer quelque part, c'est prendre le risque que je fasse demi tour et que je me barre en courant.

Écrit par : Perséphone | vendredi, 20 février 2009

Je plussoie la remarque de F. Très belle écriture. L'ambiance est saisissante et me rappelle quelques rares restaus magiques, où la romance tendait à la perfection.
Plaisir de te lire.

Écrit par : guismo | vendredi, 20 février 2009

Hihi j'adore ( oui c'est bon en 3 articles je suis fan ) , très très bien menée ton histoire , mais alors j'espère que c'était pas pour une occaz' spéciale parce que le coup du macdo .... ( ahhh c'est peut être pour ca le coup de la malette :x )

Écrit par : callie | lundi, 02 mars 2009

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