samedi, 09 mai 2009
Perséphone, l'huile d'olive et David.
Je pars donc dans la nuit de dimanche à lundi pour rejoindre la croisette jusqu'au 25... ça, on savait déjà... Ce dont on se doute aussi, c'est que je suis en train d'essayer de faire rentrer mon appartement dans quelques misérables valises, qui se foutent de moi, se remplissent trop vite, geignent, se tordent, refusent d'engloutir toutes ces chaussures, ces robes, ces bidules, ordinateurs, appareils photos, tout ça pour finir avec le même jean sur le cul tous les jours, celui qui tient debout tout seul, et oublier mon reflex sur mon lit chaque matin, c'est balot, mais c'est comme ça.
Aujourd'hui donc, je suis speed, mais de bonne humeur, le réveil ayant été teinté de rose et de rouge par quelques mots bien ciblés lancés à la masse et d'autant plus intimes, je me prépare à lancer la machine "lavage doux 30°", après avoir mis à sécher le contenu de la machine "synthétique 60°", et avant de m'atteler à la "noir 40°", le blanc attendra. Les vêtements sont étalés sur le sol devant le lave linge, je trie à même le carrelage, à bas ma belle organisation rêvée, à présent, c'est à la guerre, comme à la guerre, l'efficacité est de mise, je n'ai plus le temps de faire des simagrées.
Linge au sol, dans la cuisine donc, une bouteille d'huile d'olive, gras vestige d'une fringale nocturne, trône devant moi sur le plan de travail, à droite des plaques électriques et du four encore jamais allumé, à gauche de cette machine à café trop souvent allumée qui ne fonctionne plus comme par hasard ce week-end. Je remplis mes bacs, de lessive, d'assouplissant dont la douce odeur familière me rappellera celle de mon chez-moi quand au bout de 10 jours, je pleurerai pour quitter ce festival de fous, je positionne le bouton sur cycle court car selon mes calculs, il me faudrait sinon quatre jours pour accomplir ce que je dois faire en 24 heures et me baisse pour enfourner ces habits délicats par le hublot de l'engin.
Lorsque.... J'effectue un geste brusque, un peu nerveux, et mon coude, ou ma main, je ne sais plus trop bien, emmène la bouteille d'huile d'olive (pleine) qui vient copieusement s'éclater sur le sol, éclaboussant très abondamment les murs, moi-même et surtout, le tas de vêtements en attente par terre.
Je pousse un cri de haine, me recule, me plante le pied sur un bout de verre, hurle de douleur, recule encore, glisse sur l'huile, tombe en arrière, sur le cul, sur ce carrelage Saba de chez Lapeyre maculé de graisse végétale vierge, mais non moins rigide...
Je suis presque nue, seulement vêtue d'un shorty mauve, je baigne dans l'huile, le sang, et les lainages et autres dentelles probablement irrécupérables, je ne bouge pas, bouger signifierait accepter la situation. Mon fixe se met alors à sonner dans le salon, j'attends un appel important, un truc à régler avant mon départ. Alors je me relève rapidement mais difficilement, m'élance hors de la scène du crime à cloche pied en m'appuyant sur mon moignon encore valide, tourne dans le salon, négocie mal mon virage, m'explose l'épaule sur le chambranle de la double porte, perd l'équilibre, me redresse trop tard pour être en mesure de franchir correctement l'aspirateur traînant en travers de la pièce principale, plonge vers l'avant, me rattrape in extremis en me tordant le poignet sur un coffre de bois, à deux doigts de me fendre le menton sur ce dernier, me re redresse dans un ultime effort car il n'est pas encore trop tard, mon téléphone, abandonné sur un fauteuil, sonne encore, je me projette vers ce dernier, ma rotule rencontre violemment le coin de ma table basse, la douleur m'arrache un cri étrange et assez ridicule, des larmes de rage et de douleur embuent ma rétine, mais je ne lâche pas mon objectif et me lance sur la chose sonore enfin à portée de main, avec l'énergie du désespoir, finalement, m'en saisis de cette main gauche, saignante elle aussi pour une raison que je ne m'explique pas, et décroche comme si ma vie en dépendait. Je suis un peu Trinity dans Matrix.
- Allo!
- Oui, Madame Ioudgine? C'est David!
- ...?
- David des tapis d'Orient avenue Mozart! Nous proposons aux habitants de votre quartier une offre exceptionnelle! Avez vous des tapis à faire nettoyer?
Je n'ai pas été particulièrement aimable avec David.
11:58 Publié dans MA VIE | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : F | samedi, 09 mai 2009
Non mais, je note pour tout le monde : ne jamais au grand jamais manger en lisant le blog de Persé. Si t'as la malheur de rigoler, tu meurs en t'étouffant !
Écrit par : Sophie | samedi, 09 mai 2009
Sophie, je ne souhaite pas ta mort mais avoue que ça aurait été drôle... ou pas
Écrit par : Perséphone | samedi, 09 mai 2009
T'embrasses Robert Pattinson de ma part !
(je suis rancunière !)
Écrit par : Sophie | samedi, 09 mai 2009
Et puis j'ai des copines folles de lui, donc vala.
T'es gentille hein ? =D
Et tu n'es pas une connasse !
Écrit par : Sophie | samedi, 09 mai 2009
Écrit par : romain blachier | samedi, 09 mai 2009
Écrit par : oopsy | samedi, 09 mai 2009
romain, en fait je lui ai pas trop laissé le temps de s'exprimer...
oopsy, vais lécher le sol ce soir je te dirais demain si ça a fonctionné
Écrit par : Perséphone | samedi, 09 mai 2009
Mais, maintenant que tes fringues sont pleines d'huile, ça va être galère pour laver tout ça, sans parler de faire sécher, avant demain soir... En tout cas, avec ton genou en carafe et ton pied pas loin de la gangrène, tu vas avoir du mal à courir après les stars, à Cannes... Et n'oublie pas, tu m'as promis d'aller boire un verre après la projo de presse de Terminator 4... Donc, il faut que tu soignes ce pied... Remarque, tu peux couper, je trouve ça charmant une femme amputée... Enfin, tant que tu peux continuer à écrire des "Et si ?..."...
Écrit par : Thomas | samedi, 09 mai 2009
Je mange mes pommes d'amour, tiens pour la peine !
Écrit par : Sophie | samedi, 09 mai 2009
Sophie, si tu pouvais te détendre sur ton vocabulaire, ce serait appréciable, c'est un peu lourd là.
Écrit par : Perséphone | dimanche, 10 mai 2009
J'ai les idées qui déraillent, j'ai fait un manège, ça va mieux.
Encore sorry !
Écrit par : Sophie | dimanche, 10 mai 2009
Écrit par : Perséphone | dimanche, 10 mai 2009
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