samedi, 04 juillet 2009
Petite histoire
Challenge, défi, perte de temps, appelez cela comme vous le souhaitez, aujourd'hui, note n'évoquant ni les plaisirs de la chair, ni l'usage de drogues légales ou non, ni la consommation massive d'alcool, ni l'enfer de la glande, ni délices des supplices, ni apologie de la mort violente, ni blasphème à foison, le tout rédigé sans grossièreté aucune. Ce n'est pas que j'ai envie de me ranger des voitures, mais j'ai un héritage à préserver, et lorsque, comme moi, tu es freelance tendance on mange des pâtes ou du caviar, ça dépend des mois, l'héritage, c'est ton plus gros client.
Note courte donc.
Bon....
Une fable?
C'est bien les fables parce qu'il y a des animaux, donc pas d'identification (sinon consulte), et puis on peut évoquer quelques rapprochements physiques étant donné que les animaux ne baisent pas font pas l'amour mais se reproduisent ce qui n'a rien à voir.
Ah ben dans ce cas je peux aussi parler de la sexualité des cathos alors...
Ah non merde flûte, on a dit pas les cathos.
Une petite sauterie est organisée dans la forêt magique par l'association des écureuils contre la coupe des basses branches des arbres. Tout le monde est là, quelques uns tiennent des stands afin que chacun puisse s'abreuver et se repaître, gratuitement, bien entendu, on n'est pas chez les ploucs.
Quelques hérissons devisent entre eux sur ces stupides tunnels mis en place par les humains pour leur faciliter la traversée des routes. Certains s'exclament, mais des tunnels, la nuit! Ces gens n'ont ils pas vu Irréversible. Puis d'autres de répondre, je ne comprends pas pourquoi ils se sentent obligés de nous assister, nous n'avons aucune difficultés pour traverser les routes sans encombres, ils nous prennent vraiment pour des truffes.
Mademoiselle Fouine, elle, palabre avec quelques dindes autours d'un punch fourbement dosé, celui duquel vous dites en le goûtant, oh ça va il est très doux. Celui là même qui vous fera ôter vos sous vêtements quelques heures plus tard, sur la banquette arrière d'une voiture, pour baiser faire un naked scrabble avec un presque inconnu, fort repoussant de sa personne.
Mademoiselle Fouine n'écoute les dindes que d'une oreille, elle guette les nouveaux arrivant, alerte, surtout passablement ennuyée par le vide de cette conversation. Elle répond parfois distraitement, tout l'intérêt de la discussion avec une dinde étant que l'intervention est possible à n'importe quel moment grâce à la phrase "non mais ça c'est clair".
Puis, Monsieur Renard arrive, pressé. Il salut chaque membre de l'assemblée d'une flatterie et d'un sourire, félicite monsieur et madame lapin pour leur nouvelle portée, lance une private joke à un cadre rougissant, butine la moëlle des invités.
Puis il converse, j'ai trouvé le brame du cerf fantastique cette année, critique aussi, cette nouvelle table et ses poêlées de champignons si décevantes, et cette exposition de gland, qui ne vaut vraiment pas le déplacement jusqu'au sud ouest de la forêt.
Puis Monsieur Renard entretient le mystère, multiplie les allusions, laisse ses phrases en suspend, sourit, tourbillonne, change de groupe, papillonne, laisse traîner ses doigts sur la taille des jeunes femelles, suffisamment de temps pour les interpeller, pas assez pour leur assurer une quelconque certitude.
Pendant ce temps, Mademoiselle Fouine s'est extraite du groupe des dindes, et, isolée, se retrouve abordée par différents mâles, tentant leur chance, les uns après les autres, car tous sont animés par ce même désir, besoin, de reproduction. L'été avance, ils doivent fertiliser une femelle, la nature les y pousse, la société aussi, sans parler de leur paire de testicules. Un hibou tente de l'éblouir par son érudition, un sanglier, plus viril, vient lui vanter sa puissance, un blaireau lui susurre des mièvreries à l'oreille...
Mademoiselle Fouine est bien peu sensible à leurs avances, pour cause... Elle n'est même pas flattée, son esprit est ailleurs. Alors, s'éloigne t elle encore un peu plus pour se cacher de la vue de ces flatteurs, lesquels rapidement abandonnent pour tenter leur chance auprès d'une grue particulièrement prometteuse qui se pavane entre les chênes.
Monsieur Renard, lui, continue ses méandres, lance ses piques et autres allusions, déshabille les femelles du regard, provoque les hommes, s'amuse, virevolte, et ainsi arrive jusqu'à Mademoiselle Fouine. Il la toise, valide son allure d'un sourire intéressé, puis, sûr de son pouvoir, l'aborde. Elle se prépare à fuir encore, mais cet animal l'interpelle, immédiatement. Il est différent. Elle est sous le charme, charnellement et affectivement. Alors accepte t elle de lui prêter un peu d'attention, elle fait ce qu'elle se refuse toujours - par ennui profond et par égocentrisme - elle l'écoute. Le renard est rusé, il touche les bons endroits, effleure à propos, caresse de la voix, pénètre du regard, la fouine lutte mais se sent céder. Inexorablement. Cette attirance est plus forte qu'elle. Monsieur Renard s'amuse de cela, il est intrigué, attiré aussi. Alors, l'envie devenant impérieuse, la fouine invite le renard à la suivre dans le tronc d'arbre qui lui sert de logis. L'expérience s'avère fusionnelle, ils se séparent un peu rêveurs, un peu vaporeux. Sans rien se dire. Jamais de promesses, elle l'apprendra plus tard.
Aussi décident ils de se revoir. Régulièrement, Monsieur Renard visite Mademoiselle la Fouine dans son tronc, jamais dans sa tanière à lui, le sujet est tabou, la fouine sentant le renard méfiant, appeuré presque, n'insiste pas, n'impose rien, se contente de ce qu'il veut bien donner. Mais les mois passant, chacun y met du sien, et ils trouvent leur rythme. Il est avare de paroles, incapable de s'ouvrir, mais elle le veut, à tout prix. Souvent il lui parle de liberté, alors elle pense qu'il a du être enfermé longtemps, qu'il s'enferme encore lui-même, par habitude, mais elle n'insiste pas. Elle, est libre de tout, sauf de lui. C'est ironique se dit elle parfois, il n'est pas un choix, il est une évidence, imposée par... elle ne le savait trop. Lui, se contente de lui conseiller de faire simple, elle ne comprend pas cette phrase, sans doute est ce la cause du quiproquo.
L'été s'installant, le second de leur liaison, les vacances s'organisent, chacun de son côté, il n'est pas question de mélanger l'intime, les emplois du temps s'allègent, et la fouine passe de plus en plus de temps à gauche et à droite de la forêt, à siroter une eau bien fraîche en compagnie d'amis, de connaissances, et de prétendants aussi, car ces derniers la considèrent toujours comme une proie potentielle, malgré l'indisponibilité affective qu'elle clame. Mais ils le ne croient pas, aussi insistent ils. Quant à ses amis, ils la harcèlent gentiment, pour qu'elle rejoigne leur normalité, normalité que parfois elle leur envie, mais dans laquelle elle sait qu'elle ne survivrait plus de quinze jours, aussi les ignore t elle d'un sourire et change de conversation, mais ils n'oublient pas. Certains, néanmoins, comprennent, ils sont malheureusement rares car beaucoup sont formatés.
Cependant, la fouine s'isole dans cette marginalité sociale. Puis la fouine vieillit. Un autre été passe. Puis un autre. Et encore un. Et d'autres. Les prétendants sont désormais lassés, ils ont cherché ailleurs, ont trouvé, sont partis. Les amis donnent quelques nouvelles de temps à autres, d'un message rapide, accompagné d'une photo. Certains sont heureux, d'autres dépressifs. Aussi ont ils vécu. La fouine, grâce à quelques succès, habite désormais dans un tronc plus luxueux, Monsieur Renard est toujours son amant, mais elle le soupçonne de s'être lassé, il multiplie les excuses et ses visites s'espacent. Il ne lui a jamais ouvert sa porte, elle a attendu si longtemps, elle est usée à présent, ne lui reste qu'à abandonner.
La vérité sort de la bouche des amants, ce qu'on néglige de préciser, c'est que la vérité ne propose pas de solution.
Alors elle repense au hibou depuis longtemps envolé. Et regrette.
Quoi de pire que le regret? Un autre regret.
CONCLUSION; nous sommes bien d'accord pour dire que quand on ne parle ni cul, ni vodka, ni Benoit XVI, ici, ça devient glauque. Donc retour à la normale, la semaine prochaine. Pas grave, je fais une croix sur l'héritage, à la place je vais escroquer des vieillards, je me situe dans l'épicentre, autant en profiter.
13:29 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Si j'étais tordue, je commenterais en ricanant que je me réjouis d'une chose: la fouine n'est pas prête pour la zoophilie. Mais je n'en ferai rien, et d'ailleurs je ne dis jamais zoophilie.
Écrit par : Nekkonezumi | samedi, 04 juillet 2009
Écrit par : Axel Nader | samedi, 04 juillet 2009
;)
Écrit par : Miles | samedi, 04 juillet 2009
Écrit par : mry | dimanche, 05 juillet 2009
axel nader, merci
miles, ou alors on peut tous faire une grande thérapie de groupe
mry, pas faux et maybe
Écrit par : Perséphone | dimanche, 05 juillet 2009
Elles vivent, comment dire .... euh, si Monsieur Renard est différent, Madame Fouine est à part. C'est pas une suite qu'il faut à ta fable mais une morale, une morale pas convenue, ça c'est certain genre "rien ne vaut une bonne pipe" ah, ah, ah !
Écrit par : Nahimage | lundi, 06 juillet 2009
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