jeudi, 30 juillet 2009
Quotidien.
C'est le bruit de son sèche cheveux qui m'a tiré du sommeil. Elle fait toujours un boucan pas possible le matin, et ça dure des heures. Elle met son réveil à 6h30, et moi à 7h20, nous sommes organisés ainsi, pour le bien de notre couple.
J'ai la gaule, normal. Le bruit cesse, elle doit à présent passer dans ses cheveux un ultime produit lisseur, d'un de ces flacons que je n'ai pas le droit de toucher sous peine de me taper un discours de trois heures sur le prix des cosmétiques, et puis le fait que je pourrais m'acheter mes propres produits, et cette conclusion, que je ne comprends toujours pas, que je n'ai pas la même nature capillaire qu'elle.
Ah.
Quand je dis "ah", ça l'agace, alors je dis souvent "ah" pour fermer les débats animés de ses monologues. Parfois, j'ai l'impression de vivre avec une alien. Cette femme ne respire pas. Je compte le nombre de phrases qu'elle enchaîne sans inspirer d'air neuf. Il ne s'agit même pas de phrases, car il n'y a jamais de point, pour ne pas laisser de brèche à l'ennemi. Alors je compte les mots. Des centaines. Je regarde ses lèvres s'agiter, puis je réduis le sens à un brouhaha. Je fixe ses lèvres. Ses lèvres...
C'est pour ses lèvres que j'ai accepté que nous emménagions ensemble. J'étais encore naïf. Je pensais ainsi avoir sa bouche disponible à toute heure, je trouvais ça pratique et agréable. Mais je n'avais pas envisagé que cette bouche parlerai autant. Je ne l'avais pas fantasmée agressive, dirigiste, bavarde, chiante. Inutile.
Pour moi, elle serait sensuelle et souvent ornée d'une queue. Donc belle. Accessoirement muette aussi, à certaines heures. Ces lèvres embrassent par contre, manque de chance, je ne suis pas très baisers. Elles embrassent le matin, au réveil, on s'en passerait bien, elles embrassent après le café, elles embrassent après la douche, elles embrassent en s'emparant d'un sac; marron, noir, rose, bleu, vert, marron encore, noir encore, noir encore, noir encore. Il parait que chaque sac est différent. Ah. Elles embrassent avant de passer la porte d'un air précipité, juste après avoir dit, je file je suis en retard, puis elles embrassent à nouveau alors qu'elle revient car elle a oublié son téléphone portable, mis à charger dans le salon.
Ce téléphone qu'elle a mis à charger au détriment du mien, car elle s'acharne à me piquer mes prises fétiches.
Je sens l'odeur du café, elle me prépare toujours mon café, elle sait que l'homme est plus malléable une fois sorti de la mauvaise humeur matinale. Puis j'entends ses pas se rapprocher de la chambre. Je m'enfonce dans le matelas, sous la couette, je passe une main sur ma queue, j'attends. Elle entre, me sourit, elle est belle. Un peu trop maquillée peut être. Et je n'aime pas ces collants qu'elle a mis. J'aime rarement ses collants. Elle est encore pieds nus, mais je parierai qu'elle mettra ces boots basses, à forme bizarre, ces pompes que je déteste. ça casse la silhouette, ça lui fait un gros mollet, un genoux peu accueillant, une cuisse trop confortable.
Mais elle est belle quand elle me sourit. Quand elle me sourit, je me rappelle pourquoi j'ai accepté d'ouvrir la porte de mon meuble de salle de bain à des boîtes de Tampax. Les jaunes. Regular. Il faudrait que je me renseigne sur les autres couleurs.
Je tapote le matelas de ma main libre, je lui fais signe d'approcher, ce qu'elle fait, elle pose son délicieux petit cul sur le bord du lit, proche mais lointaine, elle se méfie.
Cela dit, je suis généreux quand je dis délicieux petit cul. Il l'était lorsque nous nous sommes rencontrés, il l'était à notre emménagement, il l'était toujours je crois, l'an dernier, au mariage de mon frère. Puis je n'ai plus fait attention. Puis il y a quelques semaines, elle était nue, dans cette même chambre, de dos, elle se coiffait, concentrée, face à un miroir, pour une fois, elle avait oublié sa nudité, alors j'avais pu l'observer.
J'avais pris le regard neuf de l'homme que je serais si je m'ébattais toujours en liberté dans mon milieu naturel. Et là, j'avais vu. La fesse élargie, le cul un peu carré, tombant, puis cette texture, comme des petits trous, légers, de la cellulite je crois. Quand elle le contracte c'est encore pire.
Avant, elle vivait nue. À présent, son corps est sans cesse caché sous des tissus. Belles fringues me renseigne t elle souvent. Elle me sort les prix, les noms des marques. Je n'en ai rien à foutre, je l'aime nue. Même avec son cul carré et son grain de peau bizarre. C'est émouvant un cul qui tombe un peu.
Par contre, maintenant que j'ai découvert que ma compagne n'était plus une bombasse à délicieux petit cul, peut-être me permettrais je de la tromper avec une jeune fille ferme qui prend plus soin de ses fesses que de son visage. C'est ça, elle a délocalisé son attention. Je devrais lui dire, chérie, je m'en fous de ta patte d'oie au coin de ton oeil gauche, elle signifie que tu me souris souvent, alors laisse la tranquille, et puis ce n'est pas ton oeil que je baise. Au pire si tu deviens trop ridée, et bien je te basculerai toujours pas l'arrière. Mais si ton cul est gras derrière et ton visage, soucieux devant, alors comment alors nous faire? Baiser dans le noir? Nous le faisons déjà, presque. Elle est maîtresse en l'art de la lumière. Si tu retrouves un bon cul, prend donc toutes les rides que tu veux au coin des yeux. Ai le sens des priorités.
Puis, j'ai pris sa main, elle adore ça, ça fait amoureux. C'est facile de faire pétiller le regard d'une femme. Je l'ai glissée sous la couette, alors elle s'est crispée, elle a baissé les yeux, puis m'a regardé, comme ma mère me regardait naguère quand j'avais fait une connerie, puis m'a dit, comme d'habitude, non arrête, je suis coiffée et maquillée. Et puis on n'a pas le temps.
C'est faux, nous avions le temps, quelques minutes, c'est suffisant pour un petit coup. Vite fait, mais bien fait. Mais je n'ai pas insisté. C'est au début que je pouvais la forcer, elle gueulait, puis elle riait, puis elle jouissait. Là, non, c'est fini.
La serveuse du café à côté du bureau, elle est du genre à rire et à jouir.
Puis elle m'a embrassé, puis elle a pris son sac, puis je lui ai dis de ne pas oublier son téléphone qui chargeait sur mon bureau, elle a répondu merci j'allais encore l'oublier!
Je n'ai pas fait ça par bonté d'âme, je voulais juste éviter qu'elle rentre à nouveau, puis qu'elle m'embrasse encore une fois.
La porte a claqué, je suis entré dans la salle de bain, ça sentait bon. J'ai ouvert le placard, pris la boîte de Tampax, et l'ai foutue dans la poubelle. Puis je suis allé me branler, sur un de ses sacs, le plus cher.
10:39 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Non! Tu es Spermy de Spermito!!!
Écrit par : Miles | jeudi, 30 juillet 2009
Et je te trouve délicieux ...
Écrit par : Alexiane | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : iryngael | jeudi, 30 juillet 2009
Saleté de commentaire qui a été validé avant que je le finisse >_
Écrit par : iryngael | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Axel Nader | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Sylvain | jeudi, 30 juillet 2009
Enfin nous sortons de ces posts imaginaires pour profiter de la vie, la vraie, la bien réelle!
Il me semble impropable qu'un mec normalement constitué, comme toi, vienne contredire ou modifier la substance de ce post.
Ahhhh, marre de ces histoires virtuelles. Qu'il est bon de se retrouver dans ces lignes...
Bravo Persé, si y'en re-n'a et bien moi j'en re-veux O_O
Écrit par : MdS | jeudi, 30 juillet 2009
Alexiane, je suis presque un mec, quelques détails technique près... et merci ;)
iryngael, aimons nous.
Axel Nader, oui, il faut du rebond, mais enfin c'est possible.
Sylvain, Pennac, c'est pas un cuisinier basque? non?.. ah merde...
MdS, ahah merci!
Écrit par : Perséphone | jeudi, 30 juillet 2009
Je suis définitivement fan
Écrit par : Yann | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Désirée | jeudi, 30 juillet 2009
...Et définitivement sous le charme, c'est vraiment un très bon texte, féliciations et merci !
Écrit par : Guillaume B. | jeudi, 30 juillet 2009
Difficile d’écrire au masculin ?
Écrit par : Denis | jeudi, 30 juillet 2009
Et j'aimerais bien la version féminine, aussi sincère.
Écrit par : juliiiie | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Karine | jeudi, 30 juillet 2009
Désirée, hum, je ne m'arrête pas trop sur la tromperie en fait, c'est un effet, moins dramatique que ce qu'il est en fait, je crois.
Guillaume B, alors bienvenue, et merci!
Denis, non très facile d'écrire au masculin!
Juliie, ah oui... why not....
Karine, mais clairement!
Écrit par : Perséphone | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : balbc | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Nahimage | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Elienai | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : BiG | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : mry | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Felicie | jeudi, 30 juillet 2009
Nahimage, alors là tu me fais plaisir!
Elienai, contente.
BIG, ah non mais je ne cherche en rien à vous humaniser, j'étais juste de pénétrer la bête.
mry, alors si je compte... ça ferait alexiane, donc une femme, + toi, donc un homme, + moi, donc mi femme, mi homme. donc 1,5 + 1,5. Ben l'équité est là! c'est bon.
Felicie, je lutte contre la technologie de la fibre, mais bon comme c'est toi ça va.
Écrit par : Perséphone | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Gallïane | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : alxh | jeudi, 30 juillet 2009
Écrit par : Silphi | jeudi, 30 juillet 2009
Je découvre ton blog grâce à Alexiane. Hop, dans mes favoris ! je vais lire la suite...
Écrit par : Toxine | vendredi, 31 juillet 2009
alxh, mais non spermy n'est pas le seul à pouvoir se branler comme bon lui semble!
silphi, moi j'ai toujours, non pas toujours, bon après avoir gouté à la vie de couple ds le même appart pendant 5 LONGUES années, je vote pour les appartements séparés!
Toxine, merci bcp!
Écrit par : Perséphone | vendredi, 31 juillet 2009
Écrit par : BiG | vendredi, 31 juillet 2009
La plume cisèle, le féminisme se mêle au machisme... Un peu de vérité, beaucoup d'amour et de joie à écrire en se glissant dans les habits d'un(e) autre.
Je repasserai.
Merci LD, Merci Gallïane...
Écrit par : CManu | jeudi, 06 août 2009
Écrit par : Perséphone | jeudi, 06 août 2009
Écrit par : StoKant | vendredi, 07 août 2009
Écrit par : fred | vendredi, 22 janvier 2010
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