dimanche, 02 août 2009

Campagne

Dimanche matin, réveil pas trop tardif, en vacances ne se pose pas la question de l'heure, résonne uniquement la ritournelle je replonge ou j'émerge? Mais à la campagne, on dort si bien dans ce silence précieux, que quelques heures suffisent à sentir un autre homme.

Femme.

Pardon.

Je m'étire, j'entends la queue de mon chien qui commence à frapper le sol, il sait qu'il va enfin manger, lui c'est son estomac qui détermine son planning. Mais il ne me réveille jamais, il guette pendant des heures un mouvement de paupières, de bras, un son sortant de ma bouche. Souvent lorsque j'ouvre les yeux, il est assis à côté de moi, et il me fixe.

Je vous avoue que c'est assez flippant.


Alors d'un geste je fais signe au clébard que c'est bon, qu'on se lève, il bondit en tout sens. Manger! Manger! crie tout son être.

Je me lève doucement, je descends ces escaliers raides qui furent un temps mon éthylotest sanglant, arrive dans un salon de pierre baigné dans une douce lumière. Je soupire. Ici j'ai une maison rien que pour moi. Une petite maison, un peu comme chez les Ingalls, dans laquelle il fait bon écrire et non pas couper du bois ou faire des galettes de maïs Caroline style. Je me dirige vers la petite cuisine, allume la machine à café, sors un bol de croquette pour le chien qui se jette dessus comme s'il n'avait pas mangé depuis la mort de Mabrouk (c'est leur repère, comme JC pour nous), je place une capsule de café dans la machine, actionne le bouton, le café coule, une odeur magique envahie la pièce.

En amenant la première gorgée à mes lèvres, je jette un oeil par la fenêtre, vers la grande maison située en face de la mienne, les oiseaux chantent fort dehors, le ciel est lourd, il doit être 8h30, je pense.

DSC_0002.JPG

Le calme est saisissant, même les nerveux comme moi ne peuvent faire monter leur tension, ce lieu est un gros Lexomil, le jardin est un xanax, le café est mon opium, les animaux mes psys.

Puis Bart termine de pourlécher sa gamelle, nous nous rendons tous deux vers la sortie, pour gambader dans le jardin, j'aime boire mon café dehors, en marchant pieds nus dans l'herbe, en allant dire bonjour aux chevaux, autrefois crack de compétition qui coulent désormais une retraite de luxe autour de la maison. Il fait gris mais chaud. J'aime les ciels bas et lourds, qui pesent comme un couvercle sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis. Hum.

Je marche tranquillement, un autre chien vient me saluer, enjoué, il est accompagné d'un gros chat, de la taille de Bart, tous quatre, nous zigzaguons sans but autre que celui d'avancer, sans un seul bruit urbain pour nous agresser le cortex. Nous traversons les écuries, déambulons dans la cour, revenons errer sur la pelouse, puis je m'assois à cette table de bois, celle depuis laquelle on voit toute la vallée, et pas une seule habitation. Cette table... Bref. Il n'y a pas de voisins ici, juste des arbres, des champs, que des choses vertes à perte de vue. Le vert est un bien bel horizon. Je me sens tellement bien. Osmose, j'écris ton nom, sans faute d'orthographe.

Puis un bruit de volet, puis une tête qui apparaît par une fenêtre de la grande maison, celle située en face de la mienne, une voix bien connue qui brise mon silence.

"Bonjour ma chérie, tu t'es occupée de ta carte de sécu? Et ton comptable, tu l'as appelé? Le double vitrage de Paris, tu as pensé à vérifier avec le syndic? Et tu as résilié le parking? Tu ne manges rien avec ton café? Tu sais que c'est très mauvais de ne pas petit déjeuner? Tu as arrêté de fumer? Tu es enceinte? Tu pourrais régler le black berry de ton père? Tu sais qu'avec ton père on aimerait bien avoir des petits enfants? Et le travail? ça va le travail? Il faudrait que tu me montres un truc sur Excel. Et.. tu n'as personne à nous présenter? et..."

Et voilà.

Ah ouais, j'ai oublié de préciser, je suis chez mes parents...

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Commentaires

Ta mère, c'est carrèment madame Olson au 21ème siècle, non ?
Ça démarrait bien pourtant ce premier matin du monde, zut…
:-))

Écrit par : monsieur Poireau | dimanche, 02 août 2009

Bah ta maman t'aime, c'est tout…
C'est quand le pieds là où tu es.
Take Care
KYB

Écrit par : imposture | dimanche, 02 août 2009

Très bon, le repère pour les chiens.
Beaucoups de parents sont inquiets de constater que leurs enfants ne suivent pas leur logique.
Respire.

Écrit par : Axel Nader | dimanche, 02 août 2009

Eh voilà, on est toujours rattrapé par les réalités. La campagne, le bio, les trucs non-cancérogènes, écolo et compagnie, c'est pour les naïfs ( http://www.savants.fr/index.php?texte=125 ).

Écrit par : Abbie "abbot" Ham | dimanche, 02 août 2009

monsieur Poireau, bah oui, il est temps que je rejoigne la ville

imposture, mouais. les mères quoi.

Axel Nader, je breathe deeply.

Abbie, quel beau hors sujet, on s'en cogne complètement de votre truc.

Écrit par : Perséphone | dimanche, 02 août 2009

Non non, ça me semble assez dans le sujet. Les gens de la ville qui vont chercher la paix au vert, tout ça.

Écrit par : Abbie "abbot" Ham | dimanche, 02 août 2009

ok ok alors on valide ;)

Écrit par : Perséphone | dimanche, 02 août 2009

bah ca montre que ta mère t'aime !!! donc profites en !!
par contre sympa ton logement à part de parents pour enmener des petits copains ;-)

sinon à part ça, tu en es ou pour les enfants? le mariage ? .....

Écrit par : lorenzo | lundi, 03 août 2009

tu as déjà tué ta mère ? en écriture bien entendu...

Écrit par : laurette | lundi, 03 août 2009

Dieu qu'il me tarde d'être en vacances, j'ai à peu près le même rituel mais sans le chien :D La campagne ça roxx (enfin quand c'est pas trop loin de la ville quand même :o)

Écrit par : iryngael | lundi, 03 août 2009

Lorenzo, "petits copains", l'usage de ce terme est passible de bannissement ici!

laurette, non non!

Iryngael, ben là j'y retourne à la ville, j'ai hâte un peu

Écrit par : Perséphone | lundi, 03 août 2009

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