lundi, 03 août 2009
Ne lisez pas ça, respectez vous.
Note qui n'en est pas une. Simple résultat de 50 minutes de semi panique dans un TGV Tours-Paris, je la balance parce qu'elle est tapée, et qu'elle va faire rire une personne sur cette planète et que rien que ça, c'est beau et que c'est vachement plus drôle que de lui envoyer par email. Si. Je crois.
Bref, voici mon insupportable monologue intérieur.
Je suis sur le quai de la gare. Saint Pierre des Corps, tu parles d'un nom, moche comme l'ennui, moche comme ce béton, cette gare moche, sans âme. Celle de Tours est belle, mais celle de Saint Pierre est pratique.
Tu te rends compte si on appliquait ce principe à nos vies?
Chéri, t'es moche. Si je te baise, c'est parce que t'es pratique.
C'est pas si faux en plus, big up au passage à tous les bipèdes femelles de plus de 35 ans qui se font engrosser par le premier mec qui a l'idée de les croire quand elles disent qu'elles prennent la pilule. J'adore les horloges biologiques.
Bref, je suis sur le quai de cette gare moche. J'attends sur la voie numéro 6, derrière moi la 2, en face la Z. J'ai vingt minutes à poireauter que j'occupe à chercher une logique dans cette étrange chiffrage lettrage. Lorsque que le train en provenance de Bordeaux à destination de Paris Montparnasse arrive, je n'ai pas résolu ce mystère trépidant.
À la vue de la population sur le quai, je sais que ce trajet va être pénible.
Cela dit toujours moins que le voyage de ceux de la Z qui semblent condamnés à se coltiner l'amicale des consanguins de touraine dans leur train.
Pourtant c'est court 50 minutes. Oui mais non, ça peut être très long.
J'ai mes habitudes dans le train, je voyage toujours entre deux wagons, c'est là que je me sens le moins oppressée. On ne m'impose pas d'humain en contact visuel, ou pire tactile, direct, je suis jetée en vrac avec mes sacs sur un strapontin. Si je ne m'entêtais pas à toujours me planter de porte de sortie à l'arrivée, je serai aussi la première à Paris. Mais ça ne loupe jamais. Par exemple, là, je suis dans le train alors que je tape ces mots. Je me dis, bon allez, le quai sera de mon côté. Je vous parie qu'il sera de l'autre, celui des hippies à chiens roumains. Les hippies pas les chiens. Enfin j'en sais rien après tout.
QUELLES PASSIONNANTES CONSIDÉRATIONS PERSÉPHONE!
Oui, toi aussi tu trouves?
Nous y voilà. Je monte donc dans un wagon pris au pif, pas trop loin du nez du TGV pour être certaine de mourir écrasée par la tôle si nous venions à percuter un truc super costaud ou à être victime d'un attentat sur les rails.
Je m'installe, ma valise à roulettes moche, mon sac de pouf, le sac de l'appareil photo. Je me pose. Je cale l'ordi sur mes genoux, le casque sur les oreilles, et j'entre dans l'autisme. Merveilleux monde.
Puis je vois les strapontins se remplir, ses occupants sont dans mon angle mort et je refuse de tourner la tête au risque de créer un eye contact donc un potentiel début de communication. J'ai en horreur les discussions avec des inconnus dans les transports. SAUF en première avec du beau mâle abandonné. Non mais là c'est pas pareil. Entre les wagons tu trouves de tout mais pas du beau mec élégant. Je me tâte à bouger au bar, mais je tomberai sur des beaufs, et puis il doit être blindé, plein de gens qui disent que ohlala comme c'est cher. Bande de gros lourds, j'espère que vous aussi vous mourrez dans la collision.
D'ailleurs si elle pouvait arriver vite celle là.
Je crois que ça me rend un poil agressive d'être coincée dans des transports avec des gens qu'on m'impose. Ils m'indisposent. Beaucoup sont vulgaires, certains puent, d'autres fixent, d'autres sont juste là et m'agacent. Leur gueule m'agace, j'ai envie de les taper.
Mais là tout de suite, je suis avec mes hippies roumains. en mode friendly, je SENS qu'ils veulent établir le contact, je déteste cette idée.
Il est 16h51, je suis partie à 16H22, j'arrive à 17h20. Encore 29 minutes.
Méthode coué, chaque jour et à tout point de vue, je vais de mieux en mieux.
Ok, plus que 28 minutes.
Un de leur chien vient me flairer le mollet, il a une bonne gueule ce chien, je lui ferai bien une gratouille, mais communiquer avec le chien, c'est prendre le risque de devoir parler au maître. J'aime les animaux, les gens, moins. Si les trains pouvaient être pleins de bêtes ce serait mieux.
Je devrais envisager de me déplacer en bétaillère.
Hey, pas con la meuf.
16h54, vous voyez que les minutes peuvent être super longues. Celles ci me tuent. Je ne peux pas bosser, parce qu'ils me regardent, je ne supporte pas qu'on me regarde, je me demande toujours ce qui ne va pas sur ma gueule, dans mes fringues, et puis j'ai envie de dire, mais c'est quoi ton problème connard? Et je rajouterai, tu veux te battre?
C'est ça, il faut absolument que je prenne des cours de close combat.
Quand je saurai me battre, je pourrais regarder à mon tour les gens dans les yeux. La plupart du temps, je n'aurai même pas besoin de me battre car ils verraient la détermination dans mon regard, ça les ferait fuir. Ahah, bande de trouillards, mais t'as raison lapin, j't'aurai perforé le thorax. (non Jean Claude, pense à ta licence).
Bon je suis en train de faire une crise de panique c'est officiel. Ma gorge gonfle, mon pouls pète les plombs, je n'ai plus d'air, je veux sortir, je veux sortir, je veux sortir.
Ah les contrôleurs.
Putain ils me contrôlent pas, ils me disent "on vous a déjà vu vous."
Non c'est faux! Mais je suis commune À CE POINT?!
Connards.
Quand je saurais me battre je cognerai aussi les contrôleurs qui me contrôlent pas.
Encore 20 minutes. J'ai chaud.
Un hippie roumain à chien est entré dans mon champs de vision. Pas joli joli.
Rien à draguouiller, je me meurs les gars.
J'ai faim. Bizarre, le gros laid plein de poils ne me coupe pas l'appétit.
J'ai chaud, les écouteurs me brûlent les oreilles mais si je les ôte je me découpe du monde, je m'ouvre à leur voix, à leur interpellation. Plutôt fondre du lobe.
A quelle heure on meurt?
Le contrôleur repasse. Je lui jette un regard haineux.
Et un peu lubrique parce qu'il est pas si pire. Finalement..
17 minutes.
J'peux même pas me défenestrer. c'est ça qui me mine.
Bon je cesse de regarder l'heure, ça passera plus vite.
Batterie faible sur mon téléphone. dieu m'en veut ou bien? Donc plus d'Internet.
Je vais chialer.
Bon ça longtemps que j'ai pas regardé l'heure
15 minutes.
Ah ouais... quand même.
On fait quoi?
Hein?
Si si trouvez un truc vite, sinon je vais recommencer à plus pouvoir respirer.
Bon, je regarde par cet espèce de hublot par lequel mon corps sera éjecté au moment de l'impact. J'ai d'ailleurs du mal à croire que mon body sera en mesure de détruire cette ÉNORME vitre. Mais c'est la vie qui me fait manquer de foi en la puissance d'un corps projeté dans les airs. Tu sais tu multiplies le poids du corps par la vitesse du bidule puis tu bidouilles avec le machin.
J'suis nulle en maths.
Bon, je regarde.
Un arbre
Un champ
Un muret
Plusieurs arbres
Un champ.
Arbres
Champs
J'ai la gerbe.
13 minutes.
J'vais gerber sur un roumain.
Penser à autre chose, n'importe quoi, tiens ce TGV vient de Bordeaux. Bordeaux Arcachon. Arcachon huîtres. Huîtres, gerbe. Fail.
11 minutes.
Crise de foi, je ne crois plus en rien, plus en moi, plus en la vie, plus en mon estomac.
Je pense à des huîtres qui se balancent sur une balançoire entre deux hippies roumains avec trois chiens déguisés en contrôleurs qui les regardent en faisant l'amour sur un bateau qui gîte.
Les chiens déguisés ne baisent pas, ils font l'amour. Cette constatation m'étonne.
10.
ça gîte.
Mort imminente.
C'est même pas un billet, pardon les gens qui lisent ça, c'est un rien, c'est juste un Tours - Paris avec Perséphone qui hait les gens. C'est tous les trucs que j'aurai tweeté si j'avais un iPhone.
Désolée hein.
9.
8 putain de minutes.
8 x 60, 480 secondes, je lance le décompte.
479
478
477
Ah non j'arrête, ça me file la gerbe.
Putain les huîtres.
7.
Dans 2 minutes les cons vont affluer entre les wagons pour être certains de gagner 12 secondes au moment de leur descente. Bande de beaufs. Je hais les beaufs. Les beaufs avancent comment les boeufs sans jamais penser.
Bon, je dois fermer cet ordinateur, il reste 6 minutes. Je ne tiendrai jamais.
5, je suis coincée entre la paroi et le cul d'une obèse, mais quelle mort de merde. Le premier qui dit elle est morte comme elle a vécu à mes funérailles, je hante son camping car jusqu'à la fin de temps (c'est quand? d'ailleurs?)
4. Adieu.
+ 30
Je suis heureuse d'avoir survécu sinon je n'aurai pas pu entendre les 25 minutes de monologue du chauffeur de taxi ayant pour thème "ah bah s'll fait moche, c'est à cause de tous les satellites qu'ils envoient là haut".
Une TRÈS intéressante théorie. Il devrait poser son cv à la gare de Saint Pierre des Corps, au moins passera t il avec succès leur test psy.
18:24 Publié dans MA VIE | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : sharky | lundi, 03 août 2009
Écrit par : _pal | lundi, 03 août 2009
Écrit par : Axel Nader | lundi, 03 août 2009
Les gens, c'est de la merde.
Écrit par : Nama | lundi, 03 août 2009
# révérences # pour cette image délicieusement surréaliste…
Une poignée de mini Toblerone (visiblement je ne les trouve que dans les zones de Duty Free…).
Tu aimes ça ?
Écrit par : imposture | lundi, 03 août 2009
Écrit par : jerem | lundi, 03 août 2009
Comme quoi vive le scooter et la voiture ...
La prochaine fois demande je te récupère en voiture à Tours ( tu pourra prendre la place enfant promis )
Écrit par : lorenzo | mardi, 04 août 2009
Écrit par : laurette | mardi, 04 août 2009
par contre, j'ai adoré vous refiler ma panic attack, nous recommencerons, donc.
Écrit par : Perséphone | mardi, 04 août 2009
Écrit par : Bob | mercredi, 05 août 2009
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