mercredi, 05 août 2009

Fou IRL

L'été, les fous sont de sortie, c'est bien connu. Enfin je n'ai jamais réussi à déterminer s'ils étaient plus nombreux en été, plus excités en été ou si tout simplement, comme il y avait moins de monde dans les rues, ben ils étaient moins noyés dans la masse.

Enfin bref, hier, deux spécimens; un flippant léger, et un super flippant.

Tout ceci est venu étayer ma théorie selon laquelle dès que tu te fous jambes nues dans cette ville, t'as des emmerdements, ça ne loupe jamais. Never. Ce ne sont pourtant que des mollets, car je ne te parle pas là de la robe moulante peu couvrante à but de racolage pas très passif aussi appelée robe à choper du gros lourd, mais de la bonne vieille robe plutôt informe qui tombe juste au dessus du genoux. La robe Laura Ingalls. Oui... Le genre de truc que même dans mon école privée catho j'aurais pu porter. (huit années dans l'enseignement privé catholique, ceci expliquant ma haine contre cette religion... Notre Dame la Riche, ça s'appelait. Oui, je sais, je sais.). Mais nous dévions, revenons à nos déviants.


Taré numéro 1. Je récupère une de mes légitimes épouses à la sortie du métro hier soir pour que nous allions dîner les yeux dans les yeux. Elle arrive, blablabla comment ça va? oh t'as maigri! mais non t'es folle je suis ÉNORME! han t'as un nouveau sac? ouais c'est un Darel, c'est Brian, ce connard, qui me l'a offert. Oh t'es retournée avec Brian? Non trop pas. Moi je suis punie, faut que je te raconte. Oh le chien! Bref, nous résumons l'essentiel, lorsque je vois la terreur apparaître dans son regard, elle me bafouille alors, y a un mec derrière toi, je me retourne, en fait il est pas derrière, il m'est limite grimpé dessus. Il dit un truc, je ne sais pas quoi, ce qui n'est d'ailleurs pas plus mal, alors je prends ma femme sous le bras, et nous traçons vers une terrasse. Le taré nous suit. De TRÈS près.

On s'installe, elle me dit "oula, j'ai eu peur, mais heureusement il est parti". J'ose pas lui répondre que non, le type n'est pas rentré à l'hp mais planqué derrière une voiture à nous fixer. Au bout d'un moment il disparaît, ou il trouve un meilleur poste d'observation, toujours est il qu'entre le vin, nos histoires de boulot, de mecs, de vacances, de fringues, de cul et de cul (parce qu'on a le sens des priorités) nous oublions rapidement dégénéré numéro 1.

Le dîner passe, je balance la photo de mon épouse sur mon blog it pour l'emmerder, puis elle repart, à droite vers le métro, moi à gauche, vers mon appartement, situé quelques cent mètres plus bas. Au bout de trente mètres, une main effleure mon épaule. Je fais un bond de 18 mètres sur le côté, la main en question appartient à un mec, super blond, un peu moins de 30 ans, plutôt po mal mais enfin je suis pas objective j'aime pas les blonds. Sa tête me dit vaguement quelque chose.

"Je passais dans la rue en début de soirée, lorsque je vous ai vue en terrasse avec votre amie, alors je me suis installé au bar pour pouvoir vous regarder. Vous êtes très belle".

Ah bah oui effectivement, sa tronche me disait quelque chose, je l'avais vu nous fixer au bar, genre face à moi, 3 minutes plus tôt. J'aurai pas pu faire espion moi.

Ok. Super. Un champion donc. Et il est pour moi.

Alors je me méfie de ce genre de types, j'essaie toujours de ne pas les vexer parce que souvent, c'est le rejet qui leur fait péter les plombs, donc je réponds

"Ah... ok".

(oui.. je sais)

Puis je fais, "bonne soirée", et je trace.

Il me rejoint et là me sort,

"je ne fais jamais ça vous savez".

Rien que cette phrase me persuade qu'il en a l'habitude, et je suis sûre qu'à Sainte Anne il me confirmerait l'info.

Puis, "vous sembliez avec une conversation tellement intelligente".

AHAHAH Alors au moins, je suis rassurée, il ne nous a pas entendues.

"Est ce que je peux vous offrir un verre?"

Je sais, vous allez me dire, mais Persé, ce pauvre gars est fort sympathique, tu es parano il est pas fou.

Là je vous réponds, vous l'avez pas eu en face de vous avec son regard bizarre et ses cheveux blonds.

Donc je réponds, "non merci" car je suis bien élevée, surtout avec les gens dont on se méfie des réactions.

Déjà, je me justifie auprès d'un fou je devrais pas, mais c'est mon coté excusez moi de vivre, je vis dans une culpabilité permanente. donc je me justifie, auprès de n'importe qui. Si tu es psy, prends, c'est cadeau.

Bref, je re trace. Mais en plus vite.

En même temps, je dégaine mon téléphone et appelle mon pote costaud, parce que ça me rassure d'avoir un gars costaud au bout du fil, même si, nous sommes d'accord, cela ne change strictement rien à la situation.

Une fois, je m'étais faite semi agressée dans la rue, sortie de boîte, par un gars qui avait pas vu mon pote costaud tapis dans l'ombre, cette baston fut la plus courte de l'histoire de la baston, copaing a mis un coup de poing au vilain monsieur, non pas en facial, mais en assenant un unique coup sur le sommet du crâne du mec, comme quand tu tapes du poing sur la table, à la Obélix quoi. Le mec s'est effondré tout droit, l'affaire était pliée.

Il décroche, je lui dis "je crois qu'il y a un psychopathe qui me suit", il m'ordonne "entre dans un restau un bar un lieu public", je réponds que déjà dans le 16, y a rien, et de deux, les lieux publics, c'est leur terrain de chasse, alors si je pouvais éviter de m'en coltiner deux ou trois de plus, ce serait bien. Là il me dit, solennel, "n'oublie pas. les couilles."

Là je dis "pardon?"

Il précise donc, "si tu le trouves suspect, tu cognes dans les couilles, direct. Et pour taper, tu fais comme si elles étaient 30 centimètres plus loin qu'elles ne le sont réellement, ça t'empêchera de retenir ton coup. Et t'attends pas qu'il te saute dessus pour frapper"

J'ai des amis instruits.

J'arrive en bas de chez moi, mon fou sur les talons, j'hésite à bifurquer pour éviter qu'il sache où j'habite, et puis je renonce, de toute façon, tel qu'il est parti, il me suivra jusqu'à Gif Sur Yvette, donc autant gagner du temps et de l'espérance de vie, mais je ne veux pas composer mon digicode sous son regard de dingue. Donc je me retourne vers lui et lui demande s'il a besoin de quelque chose.

ERREUR.

Il me répond, "oui, de vous".

Brrr. Frisson dans la colonne vertébrale.

Je dis, "écoutez, tout ceci ne rime à rien, à présent ça suffit, merci bonne soirée."

WAHOO QUELLE AUTORITÉ PERSÉPHONE.

Visiblement, j'ai du mal à me faire comprendre. Le fou reste. Il me fixe. Je vois mon viol défiler devant mes yeux. Pas un chat dans la rue, rien d'ouvert, et copaing costaud qui gueule dans le téléphone 'j'vais le tuer, j'vais le tuer, tape les couilles!!!'

Ambiance quoi...

Donc, là, j'ai fait la seule chose rationnelle qui m'est passée par la tête à ce moment là, j'ai dit, "et bien écoutez, nous nous recroiserons sûrement un autre jour".

Les yeux brillants il m'a alors demandé, "demain, 20h, au restaurant où vous m'avez éblouie?"

J'ai dit OUI. Puis j'ai agité un mollet pour qu'il fixe ma jambe, j'en ai profité pour composer le code, pousser la porte discrètement, me jeter dans mon entrée, refermer la porte en verre direct, et me rendre, vite vite vite, vers l'ascenseur.

J'ai tourné la tête vers la rue au moment de rentrer dans la machine. Il était là, droit comme un I, face à la porte, à me fixer, en souriant.

PEUR.

À présent, deux choses.

La première c'est que je flippe un peu de le recroiser par une nuit sans lune.

La deuxième; si une de vous veut un rencard avec un fou, je peux lui filer l'adresse du restaurant où il m'attendra ce soir à 20H. Il devrait poireauter jusqu'à la fermeture.

Faut juste que je pense à éviter de passer devant en rentrant de soirée tonight....

Trackbacks

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Commentaires

Ce genre d'hommes, c'est la seule raison qui fait que je suis content de ne pas être une femme.
Pas cool. :(

Écrit par : jcfrog | mercredi, 05 août 2009

envoie copain costaud à 20h. Ce sera romantique.

Écrit par : romain blachier | mercredi, 05 août 2009

L'humanité est folle et elle a ses boucs émissaires.

Écrit par : Axel Nader | mercredi, 05 août 2009

Envoie ton pote costaud au rencard, qu'il lui explique que c'est pas une bonne idée, tout ça.

Écrit par : Elienai | mercredi, 05 août 2009

Devancé, le temps de lire la note...

Écrit par : Elienai | mercredi, 05 août 2009

Bah il avait pas l'air méchant le povre garçon juste intimidé, et galant puisqu'il t'a raccompagné à ta porte pour t'éviter de te faire aggresser ;-)! En plus il t'invite au resto !! en plus une touche d'humour sur le "besoin de vous" Pitin faut faire quoi pour vous montrer qu'on s'intéresse à vous ....
un peu parano moi je dis la Persé !! bon donc tu viendra pas à 20h à notre rnecard alors pffttt

Écrit par : lorenzo | mercredi, 05 août 2009

Bon alors, c'est pas pour critiquer mais comment dire...
Le CSS fond noir typo blanche, ça me pète les yeux !!
Tu veux pas nous remettre un truc normal. Tain sinon je vais revenir moins souvent.
En plus on intègre moins la portée de tes notes.
Moi je peux pas y aller ce soir. J'ai filé rencard à une meuf dans un resto dans le 16ème. Fail.

MJBX

Écrit par : mister jukebox | mercredi, 05 août 2009

jc frog, oui c'est un peu pénible. surtout ce rapport de force foutu d'avance la plupart du temps.

romain, ouais mais copain est en vacances, loin.

Axel Nader, oui on les appelle les poissards

elienai, po là le pote costaud, mais enfin y en a d'autres!

lorenzo, ah oui un être charmant à n'en point douter. m'attends pas ce soir!

mister juekebox, ouais je sais, vais rebidouiller le css à ce soir aussi!

Écrit par : Perséphone | mercredi, 05 août 2009

Reste qu'il est tout de même étonnant de te voir te plaindre d'avoir un nouveau follower.

Voilà, fallait bien que quelqu'un la fasse.

Écrit par : jcfrog | mercredi, 05 août 2009

Je cite : "c'est le rejet qui leur fait péter les plombs".

Et tu penses que les lapins ça leur fait oublier où t'habites?

Moi je vote tu y vas avec une escorte masculine (si copaing costaud n'est pas là, prends l'ami enfouraillé, le pote asiatique ou la bande des 101 pédés), et tu lui expliques qu'il t'a fait peur et qu'il va falloir qu'il te montre ses papiers d'identité s'il veut un minimum de confiance. Tu bouffes à l'oeil, tu fais ta b.a. catholique en accordant le pardon. Et s'il continue, tu sais au moins contre qui porter plainte...

En attendant 20h, continue à voter à droite et à habiter dans des quartiers de vieux riches, c'est bon pour ta ligne.
;)

Écrit par : Miles | mercredi, 05 août 2009

Je bosse à Gif sur Yvette, t'aurais du venir en fait, j'aurais refait le coup du poing sur la tête (très bonne technique...)

Écrit par : Thierry | jeudi, 06 août 2009

Pour se débarrasser d'un mec lourd: se baver dessus, se mettre de la morve dans les cheveux, cracher par terre... tout se qui peut le dégoûter à moindre coût pour toi. Et n'hésite pas à demander à un pote de venir ou à poser une main courante si tu flippes... Là je pars en vacances sinon je t'aurai bien proposer mon aide -complètement désintéressée ;-)

Écrit par : Camille | vendredi, 07 août 2009

jcfrog, le follower irl... un beau concept.

Miles, love.

thierry, ah ben je note

Camille, J'accepte ton aide à ton retour. Je veux dire, même s'il n'est plus là, on peut en trouver un autre, ou même autoproclamer fou un passant lambda et nous entraîner dessus. C'est complètement désintéressé. Of course.

Écrit par : Perséphone | vendredi, 07 août 2009

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