lundi, 19 octobre 2009
Fantasme(s)
Parfois, tu veux pimenter ta vie, alors tu la mets en scène. Tu penses pas forcément tout de suite aux potentielles difficultés parce que l'ingestion quotidienne de sucre en trop grande quantité te cryogénise le cerveau et tu imagines connement que ça se passera comme dans un film, c'est à dire bien.
Donc tu dis à l'homme, viens chez moi, l'appartement sera entièrement plongé dans le noir, ça va être fun, ça va être torride, ça va être grrr, ça va être wahoo. Et comme il n'est guère plus futé que toi, à cause de ses hormones qui lui rongent le cortex, il te répond que c'est une excellente idée.
...
Dans le noir, place au syndrome de l'homme invisible. Nuit propice aux fantasmes. Obscurité, lieu de non droit.
Déjà, tu réalises que t'es teubée après avoir passé 3 heures à te maquiller et te coiffer... Alors tu fais comme d'hab, tu te regardes et tu fais "oh non mais j'suis teubée moi, il me verra pas" en te tapant sur le front. Alors tu te décoiffes.
Bref. Passons sur ce détail capillaire.
Puis tu plonges l'appartement dans le noir, tu fermes, tu colmates, tu traques le filet de lumière, puis fébrile et peu vêtue, tu attends que la sonnette fasse driiiiinggg. Dans la nuit artificielle. Un peu comme une conne, oui, surtout qu'il est en retard.
ça sonne. Hiiii. Tu ouvres vite vite pour ne pas que la lumière du couloir vienne moisir ton obscurité, tu refermes, ayé, vous y êtes. Lui ne bouge pas car il connaît mal la configuration de l'appartement, alors il attend. Un peu comme un con, oui, surtout qu'il est face à un mur, dos à toi. Instinct à deux balles. Il se penche en avant pour t'embrasser, se bouffe le wall pile à l'endroit où un clou dépasse, il hurle. Toi, tu t'inquiètes, un peu, surtout que tu sais que ce clou est rouillé.
"Merde... ça va chéri?
"Putain j'ai mal!! C'est quoi ce bordel? T'as un percing au menton?"
"T'es à jour dans tes vaccins?"
"J'en sais rien... Ah mais je saigne, je crois que ça m'a arraché un bout de joue".
Tout de suite les grands mots, les hommes sont des chochottes.
"Mais non mon coeur, retourne toi. voilà..."
Tu passes tes doigts sur son visage, poisseux, en effet, il pisse le sang, mais autant ne pas lui dire, c'est un coup à ce qu'il veuille aller se faire recoudre aux urgences, ça prendrait 4 heures, manquerait plus qu'on baise pas. Tu as passé 2 heures à traquer le poil, c'est pas un peu de sang qui va t'arrêter. Alors tu agis en adulte, tu mens.
"Mais non je sens rien, ça saigne pas. Embrasse moi".
Il se penche vers toi, et s'explose les dents sur ton front, vous poussez, un Aïeuhhh commun.
"Putain non mais quelle connerie! C'est ton idée l'obscurité!"
"Soufflée par?!"
"Un de tes magazines pour gonzesses à la con!"
"C'est totalement faux!!" (c'est totalement vrai)
"Sérieux, allume..."
"Non."
"Persé, ça suffit, j'ai mal là"
"J'allume pas, je suis pas coiffée".
"Mais on s'en fout! J'ai mal!"
"Je m'en fous pas. Je suis pas coiffée je te dis!! Bon, prends ma main, on va dans le salon, t'es prêt?"
"Ouais... Doucement hein".
"Alors, deux pas en avant, attention le chambranle. Un pas à droite, attention d'halogène"
"OUILLE!"
"OH mais j'avais dit Attention l'halogène!!"
"J'ai mal..."
"Mais non... Alors deux pas en avant, attention, tes rotules, la table basse..."
"Putain mais aïe!!!"
"Mais bordel t'es complètement crétin ou quoi??!!! J'ai dit ATTENTION LA TABLE BASSE!!"
"Non mais j'ai pas pris dans les genoux, là, j'ai pris dans les couilles!"
"Ah non hein! Pas là! Fais gaffe au matos, s'il te plaît!! Un peu de respect! Merde!"
En plus, je comprends pas, y a rien à hauteur de couilles dans mon appartement, sauf s'il fait 2m45 ou 1m03...
"Canapé en vue chéri, on peut se poser..."
Tu récupères donc ta dignité, et tu te poses telle la pin up sur ce sofa, vous savez, dans cette position longuement étudiée, celle où vous n'avez aucun bourrelet (cette position existe pour TOUS, il suffit de la trouver, parfois, la quête est longue).
"Chéri?... T'es où...?"
"Grrmmmggfffffarghhhh"
"Euh.... honey.... Tu fais quoi????"
"Oh oui, c'est bon.... Comme ça... oui.... encore.... vas y bouge...."
"Chéri je sais pas à qui tu parles mais c'est pas moi...."
C'est là que ton portable, en silencieux, reçoit un appel, une légère lumière inonde la pièce, tu découvres ton mec en train de faire l'amour à ce fauteuil club hérité de ta grand mère...
Stupeur.
Il réalise également sa mégarde.
Stupeur (ouais on l'a déjà dit mais bon faut voir le niveau de stupeur quoi)
"Putain chéri... tu m'as confondue avec un fauteuil...?"
"Je me disais aussi que t'avais pris des seins..."
La lumière s'éteint, la pièce est à nouveau plongée dans le noir...
"Bon, chéri, oublions tout ça, hum... essayons d'oublier tout ça.... Allez, rejoins moi, sur le canapé... Je suis mmmm, allez... viens"
"Grmmmgggarghhhh"
"Chéri? Tu fais toujours l'amour au fauteuil?"
"Ahhhhhh....."
"Chéri, tu jouis sur mon fauteuil???!!!"
"Mmmmmmm"
"Putain mais espèce de malade!! Tire toi de chez moi!!!"
Donc, là, énervée, ça se comprend, les objetophiles sont assez flippants comme gens, surtout quand ils préfèrent la chaleur douillette d'un fauteuil sans âge à celle de tes cuisses, tu te lèves brusquement pour aller allumer, te bouffes la table basse pleine rotule, et l'halogène pleine gueule, tu es super vénère, tu pourrais le tuer, mais pour l'instant, tu es pliée en deux, tu souffres, ta race. Oui oui, tu souffres ta race ma pauvre petite chérie.
Visiblement, ce taré a fini. Sa voix de type satisfait vient rompre le silence (enfin c'est pas vraiment le silence parce que toi tu gueules comme un putois)
"Persé? Je suis... désolée... Je sais pas ce qui m'a pris, je..."
"Casse toi!"
"T'en parleras pas hein? Sur ton blog...."
"J'vais me gêner.... Tire toi!"
"Persé...? Dis... Tu l'as eu où ton fauteuil....?"
"DÉGAGE IMMÉDIATEMENT"
"Ok... Quand je suis dos à la télé, c'est par où la sortie?"
Tu sais pertinemment que la sortie est en face, seulement, humiliée, frustrée, jalouse de ton mobilier, tu ne peux résister à ce petit plaisir.
"90° sur ta droite, tout droit, tu peux y aller franco, y a aucun obstacle jusqu'à la sortie".
Le son de son crâne se fendant contre un mur porteur te permettra de te remettre un peu de ton déshonneur. Tu récupéreras le reste de ta dignité en lourdant le fauteuil sur le trottoir.
10:38 Publié dans HEIN HEIN | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Vinvin | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Céline | lundi, 19 octobre 2009
bon, ok là c'est un peu foiré comme blind sex mais il est possible de ré essayer, si si !
on peut changer la donne et faire cela dans un sauna mixte où je te servirais de body guard ....
max
Écrit par : alexsqy | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Nekkonezumi | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : brancos | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Arnaud d'Absurditis | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Désirée | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : NoRe | lundi, 19 octobre 2009
(bon et tu l'as eu ou ton fauteuil ?..)
Écrit par : Jumo | lundi, 19 octobre 2009
Sinon, si un jour tu m'invites chez toi, je prendrai bien soin de ne pas m'asseoir sur un fauteuil, on sait jamais, des fois que t'es pas le temps d'aller lourder le Club !
Écrit par : Gallïane | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : schloren | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Silphi | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : arnoz | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Grain | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : brun0o_b | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Félicie | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Kaplan | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Axel Nader | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : J. | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : MadMoi | lundi, 19 octobre 2009
Moi j'ai un phénomène inexpliqué chez moi : les murs bougent la nuit. Je te jure... (ou alors faut que je pense à investir dans une lampe de chevet)
Écrit par : Sophie | lundi, 19 octobre 2009
Écrit par : Perséphone | mardi, 20 octobre 2009
:-))
[A mon avis, il faut passer aux hommes mariés, pour la technique en tout cas ! :-)) ].
Écrit par : Monsieur Poireau | samedi, 24 octobre 2009
Écrit par : Emmanuel | mercredi, 28 octobre 2009
Écrit par : pierpol | vendredi, 27 novembre 2009
ça rappel des souvenirs tiens, tout du moins un sentiment de déjà vu
Écrit par : fred | mercredi, 20 janvier 2010
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