vendredi, 06 novembre 2009
Pipi. Vite.
L'autre jour, je reçois un email dans lequel on me dit, dis donc, Persé, t'es très pipicaca dans l'humour en ce moment. Oui. C'est pas faux, alors tiens, allons jusqu'au bout de la démarche, creusons jusqu'à la fosse septique, parlons de chiottes. Pour gonzesses.
Au restaurant, dans l'avion, à la gare, elles sont partout. Normal, nous les femmes, passons notre vie à aller aux toilettes. Va savoir pourquoi. Non je vous arrête tout de suite, nous ne souhaitons pas savoir pourquoi, concentrons-nous sur ce qui s'y passe.
Vous êtes au restaurant, en galante compagnie et vous vous décidez enfin à vous absenter un instant afin de satisfaire un besoin naturel rendu pressant par l'absorption d'une quantité démentielle de liquides alcoolisés trop pas naturels. Vous descendez les escaliers en colimaçon super casse-gueules, vous perdez dans les cuisines, entrez dans le vestiaire des employés, pour enfin vous retrouver face à la porte des toilettes pour dames.
A ce sujet, petite parenthèse; aux créateurs de pancartes de toilettes qui essaient de se la jouer originaux voir carrément lunaires dans la conception de ce type d'affichage, arrêtez les panneaux subjectifs genre la biche c'est chez les femmes et le sanglier chez les hommes parce que c'est clair pour personne et qu'on se retrouve toujours là où faut pas, même que parfois c'est gênant. Merci.
Bref, on pousse la porte et là d'un coup d'oeil circulaire, on fait l'état des lieux. Combien de personnes attendent? Combien de toilettes sont à disposition? Puis s'en suit une rapide analyse afin de dresser le profil psychologique de chacune de ces 1, 2, 3, 4 ah ouais, quand même 5 femelles qui attendent, à l'affût, cuisses serrées et regard agacé, en fixant les portes fermées.
Car il y a plusieurs règles tacites à respecter. (oui c'est très important) Soit la suivante sur la liste entre là où une porte s'ouvre en premier, SOIT il faut choisir son camp et faire la queue devant la porte élue, en assumant son choix.
S'agit pas de se planter. Donc on analyse. Il convient de déterminer quelle femelle risque de passer dix minutes enfermée là-dedans, on évite celles qui portent des vêtements compliquées, celles qui ont l'air d'avoir envie de vomir, celles qui fixent leurs pieds avec un air déjà coupable. Puis on poireaute. Chacune se guette, on chronomètre combien de temps met la précédente à uriner. Avec le son, c'est très sympa. Puis faut deviner derrière quelle porte il reste du papier. Même principe pour pour le bonneteau, et là aussi on perd souvent.
Il y a souvent une porte fermée avec quelqu'un dedans mais que vous ne verrez jamais parce qu'elle n'en sortira jamais. C'est la porte mystère. Mais en fait, après enquête, il s'avère que c'est souvent un homme.
Ensuite peuvent débarquer les ennemies, celles qui vont grossir les rangs des filles pressées, celles qui tenteront de griller tout le monde par un subterfuge d'une bassesse souvent affligeante. Mais les toilettes pour dames, c'est comme les caisses des supermarchés, c'est un combat, y a pas de pitié, on va pas se laisser attendrir par une cystite.
- Oui excusez-moi mais je suis enceinte je peux passer devant vous s'il vous plaît? vous demande poliment une jeune femme dont la compression de la vessie se lit sur le visage.
Imperturbable, vous répondez, "ouais ben fallait mettre des capotes qu'est ce que vous voulez que je vous dise?"
Ambiance western. L'animosité monte.
Il y a toujours une... dame plus âgée qui soupire devant une porte car l'utilisatrice tarde trop. Elle soupire très fort cette madame, même que vous avez envie de la bâillonner au PQ. S'il y en a.
Notez la présence fréquente de celle qui tente d'entamer la conversation. Et tout le monde répond, avec une voix pincée une vague phrase qui signifie "mais ferme donc ta gueule". Attention, ces quelques échanges restent toujours courtois. Mais c'est bien parce qu'on ne peut pas lire dans les pensées.
Tous les moyens sont bons pour tenter de se débarrasser de l'ennemie et ainsi gagner une place. C'est d'ailleurs souvent pour ça qu'on s'y rend par deux lorsqu'on a les copines sous la main. D'une, ça fait de la conversation, de deux, ça permet tout un tas de combinaisons fourbes pour passer devant les autres. L'union fait la force.
Mais si on est seule contre toutes, la technique de base, c'est de lancer (avec une voix sympa), "mais en fait, chez les hommes il n'y a pas personne". Comme si vous rendiez un service. Notez que la femme qui soumet l'idée de migrer chez ceux qui pissent debout ne s'y déplace jamais. Mais elle insinue l'idée, notamment dans l'esprit de cette fille qui sautille sur place depuis 5 minutes. Hop, une de moins.
Le truc c'est de ne pas se laisser intimider, ne pas bouger, ne pas répondre, serrer les dents. DIGNITÉ.
Et vous attendez, et les minutes durent des heures. Et votre rencard, seul, en haut, à la table, se demande vraiment pourquoi les femmes passent 3 heures aux toilettes.
Lorsqu'une chanceuse ressort des toilettes, auréolée d'un bruit de chasse d'eau, doux son de la victoire, elle pue le triomphalisme. Puis, fourbe, elle laisse couler l'eau du robinet biiiien longtemps en se lavant les mains afin de rendre dingues les pauvresses à la vessie pleine qui s'entassent entre la porte et le bidule pour se sécher les mains. Vous avez envie de la cogner. Mais vous devez rester concentrée.
Dix minutes que vous êtes là, vous avez la haine.
Puis arrive ce moment fantastique, vous êtes ENFIN la prochaine à passer! Vous êtes the king of the world, la reine de la basse cour, toutes vous doivent le respect, dans la hiérarchie vous êtes au top. Vous vous gaussez intérieurement.
La porte s'ouvre, c'est votre tour, petit coup d'oeil hautain aux autres avant de vous enfermer. Vous adoptez la position anti bactérie qui consiste à n'avoir aucun contact physique d'aucune sorte avec une quelconque surface des chiottes (ça permet aussi de faire travailler les cuisses-abdos-fessiers), vous y êtes enfin et...
Ah bah non, vous n'avez plus envie.
Alors vous remontez rejoindre votre rencard, tout ça pour annoncer, vingt minutes plus tard, que vous retournez aux toilettes.
10:09 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Écrit par : Yann | vendredi, 06 novembre 2009
...
pardon, j'ai pas pu me retenir. c'est moche.
Écrit par : laurette | vendredi, 06 novembre 2009
C'est en tout cas très instructif sur les relations entre les femmes. Bravo les femmes.
Écrit par : H | vendredi, 06 novembre 2009
* Apprendre en note on remarque surtout les agissement des minorités irrespectueuses des lieux.
Écrit par : dragrubis | vendredi, 06 novembre 2009
Je rêve de voir ça en vrai. Et si, ô miracle, cela arrive un jour, j' espère que cela deviendra une guerre sanglante, ou les femmes finiront par faire du catch en sous-vêtements.
Et dans la boue si c' est pas trop demander.
Écrit par : Dexter Qaszde | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : Axel Nader | vendredi, 06 novembre 2009
Bon et cette frange alors ? :p
Pardon c'est ou la sortie ? ->
Écrit par : ludo | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : Mr Hype | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : tschok | vendredi, 06 novembre 2009
Et oui, les hommes ne s'embarrassent pas de tels détails...Heureux soient les innocents...
Écrit par : Océanide | vendredi, 06 novembre 2009
Faut siffler, pour couvrir.
Le truc, c'est de siffler la Marseillaise. Ca déclenche automatiquement d'autres sifflements.
Et puis c'est un chant de marche la Marseillaise, ça donne de l'entrain. Et ça raisonne comme une victoire lorsque les trois gouttes qu'on extrait de notre vessie angoissée percutent la porcelaine dans le fracas de l'accomplissement de soi.
Un grand moment. Difficile à partager, mais un grand moment.
Écrit par : tschok | vendredi, 06 novembre 2009
('Tin même non bourré j'en raconte des conneries aujourd'hui)
Écrit par : dragrubis | vendredi, 06 novembre 2009
Sur un lieu qui rarement rutile!
Mais non blogophile!
Simplement des pensées de fille
Que Perséphone nous distille.
Écrit par : kayak | vendredi, 06 novembre 2009
2 thumbs up pour le passage sur les créateurs de pancartes pour toilettes !
Écrit par : Ellis75 | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : laure | vendredi, 06 novembre 2009
"Notez la présence fréquente de celle qui tente d'entamer la conversation. Et tout le monde répond, avec une voix pincée une vague phrase qui signifie "mais ferme donc ta gueule"." suivi de
"...on s'y rend par deux lorsqu'on a les copines sous la main. D'une, ça fait de la conversation,..."
Ce sera pas le premier ;)
Écrit par : Anne | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : Homecats | vendredi, 06 novembre 2009
Écrit par : tschok | vendredi, 06 novembre 2009
sur le fond, la chose a été etudiée tres serieusement
en fait vu la conformité natomique c a d la nécessité dese dehabiller et celle d'une cabine a cq utilisatrice, il faudrait une surface de toilettes pour femmes double de celle des hommes pour eliminer ce temps d'attente
ca d que tous ces architectes qui prevoient a l construction deslocaux equivalents en superficie sont.... des petits branleurs
Écrit par : bobby | samedi, 07 novembre 2009
Écrit par : b.mode | samedi, 07 novembre 2009
:-))
Écrit par : Monsieur Poireau | samedi, 07 novembre 2009
laurette, chez l'homme, tout est une compétition, tout se mesure, tout se chronomètre.
H, vive les femmes, oui.
dragrubis, j'ai lu ce com' en grignotant mon petit déj... merci bien.
dexter, hors de question que je me batte sur le sol des toilettes!
Axel, mystère.
Ludo, oh!!
Mr Hype, et encore j'ai pas parlé des toilettes sur les aires d'autoroutes du sud un we de chassé croisé.
tschok, allez, champagne!
océanide, ah mais absolument! j'avais zappé ça... merci!
tschok, ahah t'imagines toutes les femmes sifflant la marseillaise dans les toilettes!
dragrubis je note, je note.
kayak, OOOooohhhhh.
Ellis75, merci!
Laure, bureau, tiroir de droite.
Anne, non non il y a les tentatives de conversations des inconnues avec d'autres inconnues ET la papote entre copines. c'est distinct!
Homecats, oh oui! envie de les frapper celles ci
bobby, ahah merci. et oui, absolument d'accord.
b_mode, j'suis sûre que même si tu débarques avec un Ebola les autres ne bougent pas d'un millimètre (sens des priorités)
Monsieur Poireau, très bon résumé!
Écrit par : Perséphone | samedi, 07 novembre 2009
Écrit par : dragrubis | samedi, 07 novembre 2009
Écrit par : Fabienne | samedi, 07 novembre 2009
Écrit par : Catherine | samedi, 07 novembre 2009
Ca fait un vrai tabac en Australie. Bon d'accord, faut quand même un endroit intime...
Écrit par : yann | samedi, 07 novembre 2009
Écrit par : Emmanuel P. | samedi, 07 novembre 2009
Ca a l'air marrant les chiottes aux states.
Vous y êtes jusqu'à quand? (je veux dire aux states, pas aux chiottes)
Nan parce que j'y vais au printemps (aux states, pas au chiottes).
Là vous pourriez me raconter des histoires de portes qui se ferment. Je retiens particulièrement cette catégorie: "offre diversifiée pour faire patienter les vessies".
Que comprend au juste cette prestation?
Perséphone,
Oui, c'est un fantasme, mais je vous soigne.
Écrit par : tschok | lundi, 09 novembre 2009
Ben impossible de tirer le papier en une fois, ça se déchire tout le temps, t'es obligée de passer 5 minutes de plus au cabinet juste pour réussir à avoir assez de PQ pour te torcher correct.
À croire que le mec qui a conçu le bidule ne s'essuie jamais (et que donc c'est un mec, ouais)
Écrit par : hyperlaxe | lundi, 09 novembre 2009
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