dimanche, 29 août 2010

La face cachée de Bordeaux.

J'ai découvert la face cachée de Bordeaux, effrayante, dissimulée sous cette façade de normalité qui me séduisait tant, planquée derrière le tram, le long de la Gironde, non merde, de la Garonne: ici tout le monde fait du sport. Tout le monde. Sur les quais, du matin au soir, du soir au matin, y a des gens qui courent, qui pédalent, qui sautillent, qui s'étirent. Des jeunes, des vieux, des mecs en béquilles, des cagoles sur des talons de 12, des punks à chiens, même ces saloperies de pigeons, ici, ils volent pas, ils ont pas le temps, parce qu'ils font du footing. 

 

C'est très très effrayant, toute une ville qui court et pédale tout le temps, en souriant qui plus est. Moi je trouve ça suspect. Et lorsque tu rejoins quelques amis, pour profiter de la vie autour d'un bon repas, le sport s'invite à table.

 

- Et toi ioudgine, qu'est ce que tu pratiques comme sport ?

- Pardon ?

- Ton sport, c'est quoi ?

- Mon sport ? Haha, je… Hum je… J'aime bien le foot.

- Tu joues au foot ?

- Hahaha non. Je… regarde.

- Mais tu fais bien du sport ?

- Oui Oui je… le matin je m'étire et…

- Ah ! Yoga ?

- Kind of...

 

Donc voilà, on a dit que je faisais du yoga, comme ça, personne ne m'a jeté de pierres à la gueule pendant que je finissais mon dessert.

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jeudi, 12 août 2010

Les vaches (3)

- Et encore, c'est rien à côté des Limousines. La Limousine, elle te coince, elle te fait la peau.

 

C'est Agri One qui me raconte ça tout en matant les vaches. Au troisième verre de vin, je suis prête à croire à peu près tout, aussi je me contente de hocher la tête, même si je vois pas le rapport avec les voitures.

 

Oui, on se tutoie. Cela s'est passé entre le 2ème et le 3ème verre. On attend Jérôme, qui a un fusil hypodermique. Ici, tout le monde appelle ça un fusil thermique, moi je les reprends pas, d'une parce que je suis en infériorité numérique, j'entends par là seule, de deux parce que j'aimerais bien me débarrasser des vaches depuis que je sais qu'elles sont méchantes, de trois parce que troisième verre.

 

Et v'là t'y pas que le Jérôme arrive avec son fusil.

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mercredi, 11 août 2010

Les vaches (2)

Finalement, un monsieur inédit nous rejoint - les vaches et moi, trio bovin du fond de mon jardin - l'inconnu se présente comme étant le propriétaire du terrain jouxtant celui dont les vaches se sont enfuies, l'affaire prend alors une tournure géopolitique. Puis les trois autres agriculteurs ainsi que ma copine défoncée se repointent, l'air soucieux et saouls. L'un d'eux me dit:

 

- Vous devriez pas vous tenir si près d'elles, y en a une qui est dingue, elle attaque l'homme.

 

Et les autres de hocher la tête en regardant les meuh meuh comme s'il s'agissait de bêtes féroces, et moi de reculer derrière ma cops, afin qu'elle décède à ma place. De toute façon, elle ne capte plus rien, au pire, ça la fera rigoler bêtement de se faire éventrer.

 

S'en suivront quelques minutes de contemplation de la situation puis une suite de débats fascinants, qui m'amèneront d'ailleurs à torpiller mon compte twitter.

 

Débat numéro 1: c'est par où qu'elles sont rentrées dans vot' jardin ? Par le chemin ou par la route ?

 

Table ronde que je clos rapidement d'un fort aimable:

 

- Je m'en cogne de comment qu'elles sont entrées, moi ce qui m'intéresse c'est comment qu'elles vont sortir.

 

Là, on m'explique que c'est délicat, rapport au fait qu'une vache c'est une saloperie butée, et que ça court tout droit devant elle en pétant tout sur son passage, et que si je veux pas me retrouver avec deux bovidés dans ma salle de bain j'ai plutôt intérêt à leur laisser le temps de réfléchir au problème.

 

J'effectue un rapide devis dans ma tête, et obtempère. Car quand t'es freelance, tu ne peux pas te payer le luxe de prendre le risque de voir ta maison se faire trépaner par une bande d'herbivores susceptibles.

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mardi, 10 août 2010

Les vaches (1)

Je repassais par la campagne, en quête de calme et de paix intérieure avant d'affronter cette rentrée particulièrement chaotique.

 

Je rentre dans le jardin, vide, et m'installe sur une terrasse, au fond, pour fumer une clope en regardant la campagne. Je suis accompagnée d'une amie, toute aussi abrutie que moi par le trajet et par la vie. En tirant sur ma cigarette, je lui demande si elle aussi entend ce bruit venant des feuillages, à notre gauche. Les yeux dans le vague elle me répond qu'il s'agit sans doute d'un chevreuil ou d'un blaireau. Et nous replongeons dans notre contemplation silencieuse, de ce vide plein de nature fascinante.

 

- Un blaireau ? je lui demande, 5 minutes plus tard.

 

- Ben ouais, elle rétorque, sûre d'elle.

 

Trop sûre d'elle pour une gonzesse qui n'est jamais sortie de Paris.

 

Alors je daigne fournir l'effort de tourner la tête. En fait, y a deux vaches, planquées dans un coin du verger, qui nous fixent.

 

- Putain y a des meuh meuh, j'lui dis.

 

- C'est ouf, elle me répond.

 

- Elle tue cette beuh, je constate.

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jeudi, 05 août 2010

La mouette.

Je n'aime pas trop les oiseaux, je les trouve fourbes, et puis surtout, l'oiseau est le seul animal qui est en mesure de te déféquer dessus. Sauf si tu fais moins d'1m50, là y a plein d'animaux qui peuvent te chier dessus. Et sauf si tu te promènes sous le cul d'une girafe ou d'un éléphant.

 

Tous les matins, je prends mon petit déj sur cette terrasse, et cette même mouette me fixe. Elle n'a plus peur de l'humain depuis bien longtemps, elle sait très bien que nous sommes trop stupides pour nous méfier d'elle, aussi trône-t-elle sur ce muret, face aux tables et toise les petit-déjeuneurs comme si la France elle était à son père.

 

Je la hais.

 

Je sais très bien ce qu'elle veut: premièrement elle convoite mon croissant, deuxièmement elle voudrait m'arracher les yeux de leur cavité pour les bouffer, en guise de garniture au croissant.

 

C'est comme ça une mouette, ça a des goûts de luxe, ça se contente pas d'une viennoiserie basique.

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jeudi, 29 juillet 2010

J'ai un fusil

Je suis pour quelques jours encore à la campagne, au milieu de nulle part, c'est ma think week, celle où j'essaie de prendre suffisamment de recul pour pouvoir mirer tranquillement l'échec qu'est mon existence.

 

C'est le genre de baraque à tueur de la nuit, j'en avais déjà parlé ici, donc j'ai souvent un peu peur, même protégée par Bartlechien et Lautrechien, mais j'ai trouvé la solution à tous mes maux, dans le grenier: un fusil.

 

Désormais, j'ai un fusil et je peux vous affirmer que cela a changé ma vision du monde, ma position sur la chaîne alimentaire, ainsi que mes projets d'avenir.

 

J'ai constaté que la phrase "J'ai un fusil" est la réponse à absolument TOUT.

 

Mon mec me fatigue.

J'ai un fusil.

 

Je m'ennuie.

J'ai un fusil.

 

C'est qui cette pute ?

J'ai un fusil.

 

Frustration sexuelle ?

J'ai un fusil.

 

La femme de ménage a encore rien branlé pendant 4 heures ?

J'ai un fusil.

 

Un enfant qui hurle au restaurant ? Dans le TGV ?

J'ai un fusil.

 

J'ai peur du noir.

J'ai un fusil.

 

La livebox qui déconne ?

J'ai un fusil.

 

Dis, tu m'aimes ?

J'ai un fusil.

 

Une attaque de renard ?

J'ai un fusil.

 

Les dents qui poussent ?

J'ai un fusil.

 

Un bruit suspect dans les feuillages?

J'ai un fusil.

 

Mon chat est mort après avoir pris une balle alors qu'il jouait dans les feuillages ?

J'ai un fusil.

 

J'arriverai jamais à rendre ce papier dans les temps.

J'ai un fusil.

 

Marre de la vie ?

J'ai un fusil.

 

Des témoins de Jéhovah qui sonnent à la porte ?

J'ai un fusil. Et un berger allemand qui aime courir.

 

J'boufferais bien un confit de canard…

J'ai un fusil.

 

La queue au supermarché ?

J'ai un fusil.

 

Mon compte en banque est vide ?

J'ai un fusil.

 

Une discussion étrange avec un monsieur qui me raconte qu'il sort tout juste de prison ?

J'ai un fusil.

 

Je vous conseille le port du fusil, c'est un objet merveilleux, presque aussi formidable que le destructeur de documents.

 

En revanche j'ai pas de balles.

 

C'est donc un fusil placebo. Mais ça fonctionne très bien. Et ça a sauvé la vie du chat.

lundi, 19 juillet 2010

Le plus beau cadeau du monde

Pour mon anniversaire un ami m'a offert le plus beau cadeau du monde, le genre d'objet qu'enfant je regardais avec gourmandise dans les catalogues, et dont plus grande je rêvais régulièrement la nuit, dans une chaleur moite.

 

Lorsque je l'ai repéré sur la table des cadeaux le jour où nous avons fêté mes 30 ans, j'ai tout poussé pour me jeter dessus, casse-toi le sac de marque, dégage le blackberry, pousse-toi l'écran plasma, place au DESTRUCTEUR DE DOCUMENTS.

 

TROP BIEN.

 

Appareil merveilleux, outil incontournable de cet adage qui fait loi dans ma vie: ce que je ne vois pas n'existe pas.

 

Une facture du RSI ?

 

Destructeur de documents.

 

Un recommandé de l'huissier rapport à la facture du RSI ?

 

Destructeur de documents.

 

Une photo moche sur ton passeport ?

 

Destructeur de documents.

 

Une lettre de convocation à une réunion de co-propriété ?

 

Destructeur de documents.

 

Des photos de ton ex ?

 

Destructeur de documents.

 

Ton ex ?

 

Destructeur de documents.

 

En revanche, avec l'apparition de la facture électronique, de l'email, à cause de cette putain de forêt amazonienne et des hippies à compost, et bien voilà, on a de moins en moins de choses à détruire.

 

Ce qui est consternant.

 

Et le MacBook ne passe pas dans le destructeur de documents, laissez tomber j'ai déjà essayé. Une fois saoule, une fois pas saoule. Rien à faire.

 

Donc on est OBLIGÉ d'acheter plein de ramettes de papier, pour imprimer TOUT, et pouvoir détruire ensuite.

 

Non ne le dites pas, ça me gêne, mais oui, c'est exact, je suis un peu un génie.

 

Alors les arbres, on fait moins les malins, hein ?

vendredi, 09 juillet 2010

J'ai fait quoi hier soir ?

Il est de ces petits plaisirs de la vie, comme par exemple se faire raconter sa soirée de la veille par un ami.

 

- Dis, j'ai fait quoi hier soir ?

 

- On a bu un verre en terrasse puis on est allé dîner au resto espagnol…

 

- Ah oui, le vin espagnol…

 

- D'un autre côté le mec nous a pas pris en traitre, il avait dit; "gaffe il tape un peu".

 

- Ah oui il tapait… Je me souviens…

 

- Tu te souviens aussi du bar après ?

 

- Non j'ai plus rien après l'addition du restaurant…

 

- Rien du tout…?

 

- Du tout. Mais… J'ai passé une bonne soirée ?

 

- Ben t'étais saoule…

 

- Oui mais j'avais l'air de m'amuser au moins ?

 

- Ah oui, sauf le moment où t'as pleuré en parlant de la mort de ton chien.

 

- Mais il est pas mort mon chien…

 

- Non...

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mardi, 06 juillet 2010

ça sent le cadavre.

Ce matin je sors de chez moi et je manque de défaillir tant cette odeur affreuse qui a envahi le troisième étage m'agresse. Mon neurone me tire par la manche, tout fier de lui et m'dit:


- Je sais c'que c'est ! Je l'ai en mémoire !


C'est pas souvent qu'il a un truc en mémoire alors bon… il est content le gamin.


- Dis moi mon grand, je lui demande gentiment, sinon il se braque ce gros lourd.


- C'est un MORT !


C'est vrai que ça sent le cadavre.


Il y a deux ans, le même effluve épouvantable avait manqué de me faire vomir tripes et boyaux sur cette belle moquette grise premier prix de 1995 qui orne toujours mon couloir. C'était la voisine du fond qui se décomposait allègrement dans sa salle de bain. Les gens n'ont aucun respect pour leur voisinage, ni pour les femmes de ménage.


T'imagines la pire odeur du monde ? Ben tu la multiplies par 12,7 millions. Et pendant que tu fais le calcul, tu te dépêches de trouver une bassine.

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vendredi, 02 juillet 2010

Eté

 

L'autre soir, je suis chez moi, c'est pas un scoop, il fait chaud, alors je me traîne en paréo entre la douche et mon bureau, putain, ça rime.
J'pose un slam à la face de la vague de chaleur,
qui tous les ans nous surprend même qu'on meurt.
Ra, ré, quel que soit ton nom dans les mots fléchés,
Sache, gros batard, qu'chez Mac do, c'est climatisé.
Air conditionné,
bras en croix jambes écartées.
J'ai les aisselles moites, une goutte sur le nez et alors ?
On est tous liquides dès qu'on fout un pied dehors.
Je porte plus de culotte, ni de bonnet, ni de socquettes,
Dès que je quitte l'ombre, putain je voudrais me raser la tête.
Soleil rends-moi ma dignité.
Soleil t'es un gros enculé.
L'autre soir au restau, j'suis face à c'type trop bien foutu,
Lui, moi, deux litres d'eau, sa chemise ouverte sur son torse poilu.
Il prend le tartare et moi le thon, sûre de passer à la casserole,
Et je ris, j'tripote mes cheveux, volubile comme une cagole.
Chaleur, planète mars,
Moiteur, gouttelettes éparses.
Puis après le café, il paye l'addition,
Moi je ris, très fort, big up Saint Emilion,
Et là je veux me lever, pour aller le choper, à l'aise
Et putain, bordel, what the fuck, j'ai le cul collé à ma chaise.
Incarcérée, garde à vue,
tify;">Putain de croisillons sur l'cul.
Alors il m'dit, honey, tu viens jouer à la bête à deux dos ?
J'lui réponds, vénère, non bébé, j'préfère faire un Uno.
Un Uno ? Me reprend-il, la main sur le pantalon,
Ouais, de toute façon, fais trop chaud pour une fellation.
Juillet, pas de ventilo,
Passe bien le bonjour à ta libido.

L'autre soir, je suis chez moi, c'est pas un scoop il fait chaud, alors je me traîne en paréo entre la douche et mon bureau, putain, ça rime. Hé ON FAIT DES RIMES ?


J'pose un slam à la face de la vague de chaleur,

Qui tous les ans nous surprend même qu'on meurt.

Ra, ré, quel que soit ton blaze dans les mots fléchés,

Sache, gros batard, qu'chez Mac do, c'est climatisé.


Air conditionné,

bras en croix jambes écartées.


Les aisselles moites, une goutte sur le nez et alors ?

On est tous liquides dès qu'on fout un pied dehors.

Je porte plus de culotte, ni de bonnet, ni de socquettes,

Dès que je quitte l'ombre, putain je voudrais me raser la tête.


Soleil rends-moi ma dignité.

Soleil t'es un gros enculé.


L'aut' soir j'suis au restau, face à c'type trop bien foutu,

Lui, moi, deux litres d'eau, sa chemise ouverte sur son torse poilu.

Il prend le tartare et moi le thon, sûre de passer à la casserole,

Et je ris, j'tripote mes cheveux, volubile comme une cagole.


Chaleur, planète mars,

Moiteur, gouttelettes éparses.


Après le café frappé, il paye l'addition,

Moi je ris, très fort, big up Saint Emilion,

Et là j'veux me lever, aller le choper, à l'aise

Mais putain, what the fuck, j'ai le cul collé à ma chaise.


Incarcérée, garde à vue,

Putain de croisillons sur l'cul.


Il m'dit: honey, tu viens jouer à la bête à deux dos ?

J'lui réponds, vénère: bébé j'préfère faire un Uno.

Un Uno ? Me reprend-il, la main sur le pantalon.

Ouais mamour, fais trop chaud pour une fellation.


Juillet, pas de ventilo,

Passe bien le bonjour à ta libido.

 

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