mardi, 31 août 2010

52,3 kg

Je suis à Bordeaux depuis désormais quinze jours, hébergée par un ami qui vit selon ce principe auquel j'adhère totalement: pourquoi s'emmerder à faire des courses et cuisiner un repas médiocre alors que la ville est truffée de restaurateurs talentueux ? Donc, depuis deux semaines, c'est restaurant midi et soir. Et nous ne sommes pas vraiment du genre à commander un poisson vapeur avec des courgettes et une bouteille de san pé'. 

 

J'ai un toc, dès que je vois une balance, je monte dessus, pour la simple et bonne raison que je n'en ai pas chez moi, pour la simple et bonne raison que la courbe de poids est un truc qui me fascine grave.

 

Je découvre donc en arrivant à l'appart' que je pèse 52,3kg, poids satisfaisant si on prend en considération mon régime alimentaire estival.

 

Après huit jours de magrets et de fondants au chocolat, je décide de me relancer dans l'ascension du pèse personne afin de constater l'étendue des dégâts.

 

Je pose un pied, puis deux, yeux fermés, j'inspire, bloque, et entrouvre un oeil que je pointe vers le sol.

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samedi, 21 août 2010

bordelaise

Je suis bordelaise depuis quelques jours et pour quelques autres encore, je n'avais encore jamais mis les pieds dans cette ville. Je souffrais d'une appréhension terrible étant donné que les deux seuls bordelais jamais croisés dans mon existence consciente (avant le 3ème verre) étaient deux sombres connards prétentieux, j'avais donc, par précaution, étendu cette particularité à l'ensemble de la population de la ville et refusé jusqu'à présent de l'honorer de ma présence.

 

Puis, la vie parisienne m'étant devenue pénible, et des amis me proposant l'asile bordelais, j'ai décidé de mettre de côté mes préjugés et d'offrir à Bordeaux une deuxième chance. Parce que je suis le genre de gonzesse qui accorde des secondes chances. Plusieurs de suite, parfois. Bonne poire la meuf.

 

Trois heures de tigivi, un bébé hurleur, un voisin ronfleur, et me voilà chez les bordelais, armée d'une valise géante contenant tout le nécessaire pour assurer ma survie durant quelques semaines.

 

Car je n'étais pas certaine la ville soit munie de magasins et que leurs appartements soient conformes aux normes de sécurité européennes en vigueur, j'avais donc prévu de pouvoir vivre en autarcie à l'intérieur de mes bagages.

 

Quelle ne fut ma surprise de découvrir que l'électricité semblait installée partout, que de nombreux véhicules sillonnaient les rues et que les toits des habitations n'étaient fait non pas de chaume mais d'ardoises. Comme dans les capitales.

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vendredi, 13 août 2010

Le canapé

Quand j'étais petite, j'adorais les déménagements. Pour commencer, la visite de la maison, la baston avec mon frère pour savoir qui aurait la plus grande chambre, et puis l'ancienne baraque qui se vidait, et la nouvelle qui se remplissait, par magie.

 

Puis j'ai grandi, et ai découvert les joies du déménagement sans déménageurs. Et encore, à l'époque il n'y avait pas facebook, tu ne pouvais pas poster un statut larmoyant implorant à l'aide un dimanche matin:

 

"Recherche gros et petits bras pour m'aider à quitter ma grotte et intégrer mon nouveau chez-moi hihi <3"

 

C'est devenu de plus en plus compliqué d'appâter les gens pour un déménagement. A 20 ans, la promesse d'une bouteille de vodka et d'un space cake suffisait à mobiliser l'ensemble des potes, 10 ans plus tard, tout le monde fuit cela comme la peste. Moi la première.

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vendredi, 16 juillet 2010

Déménager chez soi.

Hier me reprend cette folie toute féminine; je décide de changer les meubles de place pour la 40ème fois de l'année. Seulement ce coup-ci ce n'est pas une révolte, c'est une révolution. J'envisage de déplacer la chambre dans le salon, le bureau dans la chambre et le salon dans le… oh shit. Vous avez remarqué à Paris on se dit souvent qu'il nous manque une pièce. Ou huit.

 

Je me lance donc dans ce projet ambitieux, seule, tractant, poussant des meubles énormes, des armoires, un lit, une télé de 200 kilos, je sue, je jure, je m'écorche, je pète un miroir, j'arrache la moquette, je m'explose la clavicule, je nique l'écran de mon mac et m'arrache l'ongle du pouce, foutant du sang absolument partout, jusqu'au moment où je m'effondre.

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mercredi, 23 juin 2010

Coloc

- Tu pourrais m'héberger quelques temps ?… Je suis entre deux appartements, c'est un peu compliqué.

 

Il me demande cela alors que je suis en train de boire une menthe à l'eau, je manque donc de m'étrangler avec ma boisson, cela dit, ça m'aurait arrangé, comme ça d'une je serai morte, je n'aurai donc plus eu de problèmes d'intendance masculine à régler, de deux, c'est quand même méga fun de crever noyée dans une menthe à l'eau, enfin je veux dire j'aurais eu droit à au moins 20 tweets un peu lol faisant référence à ma mort ridicule, sans compter les RT et va savoir, peut-être même un gif animé. On se serait souvenu de moi comme la fille qui avait un blog, un chien prénommé Bart et qui est morte en buvant une menthe à l'eau.


A L'EAU.


Quelle ironie.

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mercredi, 26 mai 2010

Tu cherches une femme de ménage ?

J'ai pris une femme de ménage.

 

Parce que je voyais les minutes de ma trop courte vie s'égrener alors que je passais l'aspirateur, parce que j'avais peur que la mort me fauche un Swiffer à la main, parce qu'en plus, je n'ai aucun talent en la matière.

 

Néanmoins je suis une phobique du ménage, du genre à ne pas pouvoir trouver le sommeil si je sais qu'une miette traîne sur le sol du salon.

 

Je hais les miettes, j'ai pour projet de les éradiquer de la surface de la planète, c'est en numéro 7 sur ma todo list.

 

Je devrais pas vous dire ça, après vous allez essayer de m'envoyer à Confessions Intimes, une psy à la con viendra chez moi, elle lourdera plein de miettes partout et me forcera à aller au dodo en laissant l'appartement en l'état, et y aura des plans de moi, en position foetale, dans un état catatonique, sur mon lit, en train de répéter fiévreusement "je dois aspirer je dois aspirer", puis toute ma famille et mes amis viendront, pour m'extraire de là, peut-être même qu'on me piquera tous mes Swiffers.

 

J'adore les Swiffers, ils sont MAGIQUES.

 

Donc, une femme de ménage.

 

Figurez-vous que ça se trouve moins facilement qu'une escort, par exemple. Il faut lancer un casting international afin de trouver une nana qui te la fera pas trop à l'envers. La perle rare, comme on dit.

 

J'ai donc demandé à mes amis s'ils n'avaient pas ça dans leur répertoire et ai alors pu observer ce phénomène, le même que quand tu cherches à acheter une nouvelle voiture; ils te disent tous que la leur est la meilleure.

 

Au début tu trouves ça chouette, toute cette générosité.

 

C'est seulement après que tu comprends qu'ils s'en sont en fait débarrassé en te la refourguant, histoire d'éviter de culpabiliser au moment de la séparation.

 

Et toi tu te retrouves avec la patate chaude.

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lundi, 24 mai 2010

Café, matin, clope.

Ma senseo est décédée samedi matin des suites d'une longue maladie appelée entartrage. Elle a rendu l'âme le lendemain de mon retour de Cannes, je dois bien avouer que je l'avais un peu mauvaise, aussi, après avoir solennellement déclaré l'heure de la mort, ai-je traité la machine de "saloperie" et de "pute", avant de la projeter assez violemment de par vers le sol, où elle s'est fracassée, constellant les murs de ma cuisine de milliers de gouttes de café, ultime vengeance.

 

J'ai léché les murs, le café et la peinture au plomb.

 

J'ai donc depuis cet incident décidé de sortir prendre mon café dans un lieu public destiné aux breuvages, non loin de chez moi, où une terrasse presque accueillante me recueille chaque matin pour la modique somme de 2,20€, avec mes cernes et ma mauvaise humeur. Nous sommes au jour trois de cette expérience de socialisation sans caféine dans le sang.

 

C'est un peu hard.

 

Francis, c'est le nom du serveur, prend un malin plaisir à ignorer chaque matin mon regard fixe et vide. Francis, je l'aime pas trop, il me fait attendre.

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dimanche, 23 mai 2010

Le palmarès du 63ème Festoche de Cannes.

Après ma semaine cannoise (relatée ici), je ne pouvais pas louper le final, sur Canal Pluche, rapport au fait que je suis rentrée chez moi, que j'ai dormi 16h, et que je voudrais qu'on ne me parle plus jamais de Cannes pendant au moins 1 an.

 

J'allume la téloche en retard. il est 19h19. Kristin Scott Thomas, maîtresse de cérémonie, évoque le cinéaste Jafar Panahi qui entame son 9ème jour de grève de la faim. C'est pas très politiquement correct mais ça me rappelle qu'il n'y a plus rien à bouffer dans le frigo, qu'on est dimanche et qu'en conséquence ça craint grave.

 

Pour commencer on remet un prix à un court métrage. Michelle Rodriguez a l'air là mais pas vraiment là. Comme si elle avait très envie de courir aux toilettes. Moi j'dis ça mais j'en sais rien, je suis pas dans son rectum.

 

J'écoute pas le discours du monsieur du court-métrage, je vais faire pipi. (Oui, déjà).

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mercredi, 05 mai 2010

Spoiled

Ce matin, je me suis enfin rendue chez le coiffeur, parce que bon ça va, j'ai bien vu dans le regard d'Autrui qu'il y avait un problème avec ma tête. Il est élégant Autrui, il a rien dit en frontal, il s'est contenté de fixer ma fibre capillaire comme s'il matait un documentaire sur la reproduction des mérous.

 

Alors mon cheveu et moi partons de bonne heure pour remédier à tout cela dans un salon du 16è pas trop 16è où nous avons nos habitudes. Par exemple, les filles, là-dedans, elles savent qu'il faut pas me parler, sinon je leur explose la tronche contre un miroir jusqu'à ce que des petits bouts de cervelle giclent sur mes pieds en faisant le même bruit qu'un christmas pudding lancé contre un mur.

 

Elle savent aussi que j'aime pas qu'on me colle des rombières à côté de moi, alors j'ai ma zone privée dans le salon, puis elles savent que j'ai besoin d'un Paris Match pour penser au sens de ma vie, et surtout, SURTOUT qu'elles doivent se démerder pour me trouver le Capital du mois.

 

J'ai une passion pour Capital depuis toujours, me demande pas pourquoi, c'est le seul magazine que je lis, c'est un peu le Voici de l'entreprise, je kiffe trop. Même qu'un jour, je voudrais rouler une pelle au monsieur qui fait la page face à la 3ème de couv, même s'il est moche. Je sais pas s'il est moche.

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mardi, 04 mai 2010

Erreur de casting

Le week-end dernier, j'ai eu l'idée de génie d'organiser un petit diner chez mes parents, réunissant donc mes géniteurs, et quelques-uns de mes plus proches amis.

 

Quelle illumination à la con hein… Mais sur le moment, ça me semblait perspicace, je faisais ainsi d'une pierre deux coups, mes parents ne pouvant alors plus m'accuser de ne jamais les voir et mes amis se faisant couper l'herbe sous le pied au moment de me dire, encore, que jamais je ne mêlais mes vies.

 

Car les vies parallèles, c'est un peu mon truc. J'aime bien.

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