lundi, 08 mars 2010
Journée de la femme
(Petite parenthèse; à l'occasion de cette journée de la femme, j'ai le plaisir d'être invitée dans l'épicerie toute neuve de Guy Birenbaum pour m'exprimer sur le sujet, ça s'appelle Ma Condition de Femme. Fin de la petite parenthèse)
Être une femme, c'est bruncher entre copines, parler des hommes, faire "hihi", oublier de payer EDF, hurler quand une souris traverse le quai du métro, glousser que New-York, c'est TROBIEN, aller chez le coiffeur tout le temps, surconsommer, médire, et vouloir à tout prix une paire de Louboutin. Tu sais, les pompes chères avec des semelles rouge. Rouge sang.
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mardi, 02 mars 2010
In vino veritas
Hier soir, j'ai pu observer sur une estimée camarade l'effet combiné de l'alcool et de la présence d'hommes tout à fait climbables dans la salle. Vous noterez une sorte d'évolution de la pensée et du discours au fur et à mesure de l'ingestion des verres. J'ai résumé, hein, mais en vrai, y avait des fioritures, genre "tu fais quoi dans la vie ?", "tu as de très beaux yeux" etc. Tous les trucs qu'on dit pour faire grimper le taux de réussite et accélérer la mécanique d'écartement des membres inférieurs de la femelle.
Dis donc, c'est romantique ce que j'écris là.
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lundi, 01 mars 2010
La ligne 10
Je suis dans le métro car le scooter ne démarre pas. Même si ce dernier avait par miracle retrouvé le chemin de la vie (je sais que c'est beau, bien sûr que c'est beau), je ne l'aurais pas pris, car j'ai peur. Je suis donc assise dans cette rame de la ligne 10, que je ne déteste pas tant que j'aime à le faire croire aux gens qui me demandent "tu kiffes la ligne 10 ?" C'est arrivé, une fois.
Il est tôt, on est lundi matin, la tête dans le cul est de mise, l'air dépressif, aussi. Je me planque un peu derrière mon écharpe car je crains de ne pas sembler assez triste pour partager la peine de tous et donc mon droit d'être là, assise de surcroît. Pour cause, je ne suis malheureusement pas malheureuse, ni dans l'absolu, ni sur le moment. Mais je respecte ce drame, cette punition collective, ce trajet vers les néons, les fauteuils à roulettes, les pc qui rament, ces outlook qui s'ouvriront péniblement avant d'annoncer la teinte d'une semaine grise et rouge et puis les tickets restaurant, surtout. Je respecte, je fixe le sol en pensant à des trucs tristes pour m'empêcher de sourire.
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dimanche, 21 février 2010
Dimanche
J'étais sur ce vélo d'appartement ce matin, cet engin que je trimballe de déménagement en déménagement depuis des lustres, par habitude, cet appareil hideux qui trône depuis toujours dans mes salons, et qui ne doit afficher plus de 30 kilomètres au compteur (c'est ridicule, je sais). Celui-là même que j'avais descendu à la cave, puis discrètement remonté, coupable. Je suais en m'agrippant fébrilement au guidon mal fixé par mes soins, non par amour de l'effort inutile et de l'humidité, mais parce que je suis grasse et que je déteste ça. Pas la silhouette, mais la sensation. Et en même temps je réfléchissais, parce qu'on s'emmerde sévère à suer sur un vélo qui n'avance même pas. C'était comme d'hab une sorte d'ersatz de pensée autocentrée ayant pour thème moi-même et ma vie, que j'ai un peu trop cogné contre les murs et les coins de tables basses. Mercurochrome, le pansement des héros. Si juvabien, c'est Juvamine. Je cherchais le mécanisme de l'envie, de l'attirance, tout ça, j'aurais bien voulu dégager une logique, un schéma, trouver une explication scientifique, rassurante, sous contrôle. Une équation qui permettrait d'accoucher d'un "mais oui bien sûr, c'est pour ça !"
Quitte à se gratter la tête quelques heures sur des calculs savants.
Je suis nulle en maths. Presque autant qu'en quotidien.
Il m'aurait alors suffit d'ôter un peu de ceci, d'additionner un peu de cela, de multiplier par le sous total de la racine carrée du résultat obtenu en divisant ma vie par celle des autres, et puis j'aurais pu - à nouveau ? - jouir de ma liberté de choisir qui, et quand, et comment, et tout le reste.
La racine carrée d'un nombre réel positif x est le nombre positif dont le carré vaut x.
Mais je viens de le dire, je n'ai rien d'une matheuse.
Par contre, je suis grasse.
Donc, je pédale.
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samedi, 20 février 2010
6ème ciel
Avec lui on avait déjà discuté de pas mal de choses, mais c'est cette nuit-là que j'ai compris que nous n'avions pas encore abordé l'essentiel. Tu comprends je vais avoir 30 ans, alors il y a des questions qui se posent d'entrée de jeu, histoire d'éviter les quiproquos fâcheux, les malentendus jamais écoutés, histoire d'éviter de perdre du temps, en fait. Parce que tout le problème est là. Au cinéma, à la télévision, dans les magazines et même dans cette radio bipolaire qui me fait fredonner dans ma voiture, partout, on nous le répète, on nous le brandit comme une menace, on nous l'explique en articulant bien, en empruntant un ton grave, comme si on nous annonçait notre propre décès, plusieurs fois par jour, des centaines de fois par an, qu'on n'a pas le temps. On ne l'a plus et chaque année qui passe est un saut de biche supplémentaire vers la tombe, et bien pire que la mort, vers la ridule, incrustée, et tout et tout, comme dans les pubs, quand on te montre avec une loupe ton vrai toi, ta vraie personnalité, pas belle, vu de super près. La ride d'expression, c'est ça qui te dit que tu dois poser la bonne question dans le premier quart d'heure, celui où tu n'es pas encore gênée de la sortir du placard, parce qu'il n'y a pas d'enjeux, qu'elle est encore innocente, alors que quelques passements de jambes plus loin, à deux ou trois encablures et cambrures de là, quand tu seras à poil, elle résonnera comme un truc moche extrêmement oppressant qui imposera un mutisme bilatéral assourdissant. Ben tiens, le même silence que celui qui doit régner à l'intérieur d'un cercueil, j'imagine.
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samedi, 13 février 2010
FILF alert
FILF, Father I'd Like to Fuck. Je vous épargne la trad.
Ici, à Koh Kho Khao, y a que ça, du FILF. Avec enfants, donc, avec épouse, aussi, souvent, mais passons sur ce dernier détail qui me casse mon délire.
Avec Félicie, depuis quelques jours, nous sommes un peu... à cran, un peu tendues, un peu prêtes à agresser sexuellement tous ces types qui déambulent sous nos yeux, faisant tressauter leurs muscles sous leur peau bronzée, balayant la plage d'un air conquérant, et criant de tout leur corps "regarde-moi, je suis comme un gâteau au chocolat trop bon, mais pire". Ils sont juste là, à portée de doigts, légèrement vêtus, grands, forts, sexy... argh. Faut dire qu'ils cherchent. S'ils cessaient de s'ébattre comme des petites salopes, déjà, nous pourrions un peu nous concentrer sur les vraies priorités, la bronzette et le bruit des vagues.
Ainsi Bibiche et moi sommes devenues comme ces pépés pervers qui matent les filles en bikini, une main sur le paquet, un sourire baveux aux lèvres. Mais nous avons conscience de notre déviance, ce qui signifie que nous n'avons pas totalement perdu pied, et ça, c'est une bonne nouvelle.
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mercredi, 10 février 2010
De l'abstinence en vacances
Bonjour Messieurs, ça va ? Vous sentez bon et vous êtes beaux, on fait un tour dans mon bungalow ?
"Encore une note exclusivement à l'attention des mâles ?!" vous outrez-vous, femelles. Ouais, ben désolée, mais là, quand je regarde par la baie vitrée, que je vois ce sable fin qui roule sous la peau, ces cocotiers dressés vers le ciel, cette mer d'Adaman sensuelle à souhait, puis lorsque je me retourne, que mes yeux se posent sur le lit king size et ce graaaand miroir qui borde cette couche, c'est à messieurs, que je pense instinctivement.
Messieurs, je rentre bientôt. Par bonheur, je louperai la Saint Valentin, mais de toute façon je n'ai jamais aimé ces (foutus) chocolats dans cette (putain de) boîte rouge en forme d'organe vital accompagnés d'un (immonde) bijou kitsch, une tablette de Milka et une ampoule suffisent à me rendre aimable, et pas seulement le 14 février.
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vendredi, 29 janvier 2010
Diverge
Je suis à la terrasse de ce café presque toujours vide, dans cette baie du nord de Koh Phangan, sur cette plage dont je prononce toujours mal le nom, ce qui donne autant d'occasions à Félicie de me reprendre dans un soupir, en articulant bien, ce qui a le don de m'agacer.
Félicie n'aime pas quand je massacre les noms thaïlandais, mais elle est patiente, c'est son côté prof, elle me reprend, répète, naturellement. Moi, je ne l'écoute que d'une oreille, alors je m'agace peu. Et puis, j'ai vachement régressé, aussi. Notre couple est solide, entre mutisme, maternage et surdité.
Je suis là, donc, à l'ombre d'un palmier, j'ai le wifi pendant encore quelques heures, alors j'en profite pour squatter un peu le web, alors que je suis censée travailler, mais diantre, c'est trop tentant, de diverger, se disperser, divaguer. Et puis je risque de prochainement traverser une période sans Internet, alors je m'en gave avant de m'en priver. Bien légère privation, je dois le reconnaître, tout cela ne me manque que peu. Les emails me suffisent, le reste... ce n'est que du vent. Un vent rigolo, ou énervant, mais bon, un simple filet d'air, pollué qui plus est, un écho quoi. On s'en fout.
J'ai une quantité démentielle de travail à accomplir au plus vite. C'est bien simple, il ne s'agit que d'urgences, alors je ne sais pas trop par quel bout les prendre, ces choses à faire. Je les reluque, les remue du bout du pied, parfois je m'en saisis, les malaxe un peu, pour vite les reposer, de peur de... de chais pas quoi.
Il faut que je m'y mette, les journées défilent terriblement vite, j'ai les yeux perdus dans les vagues et je me dis que... vraiment... moui, il est temps. Puis après avoir divagué, je dihorizone. ça veut dire que je me perds dans l'horizon. Il s'y passe tant de choses, faut dire. Immuablement, ensuite, je pense à des hommes, je diverge.
Ici, il n'y a que des russes. Des russes partout, et nous. Parfois, ils se retournent vers nous et demandent si on veut un champignon. Alors on répond que c'est gentil mais qu'on a déjà déjeuné, et ils rient. Je sais pas pourquoi. D'autres fois, ils se retournent vers nous et nous tendent des cigarettes roulées. Alors on répond, ah bah ça c'est sympa dites donc. Puis, 20 minutes après, on danse autour d'un feu de bois, sur la plage, avant d'aller plonger, au milieu des rochers. La mer la nuit, c'est orgasmique. je dimerbynight, alors.
Tout va bien. Mais je crois que pour bosser, je vais plutôt tenter la côté ouest du sud de la Thaïlande, parce que là, bizarrement, je diverge, je me disperse, je divague.
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jeudi, 07 janvier 2010
l'heure, c'est l'heure
Depuis toujours, je suis le genre de personne qui arrive en avance. Je suis en avance, sans distinction, à tous types de rendez-vous, au restaurant, pour le boulot, chez le coiffeur, chez le dentiste, pour prendre le train, pour tout. Et puis attention, je ne vous parle pas là de quelques dix minutes d'avance pour être confort et s'éviter de hâter le pas, ah non, je vous cause de la bonne grosse demi-heure, voire plus. En somme, donne-moi un horaire, n’importe lequel, je contre-transcenderai le temps et poireauterai (il a un copyright sur le poireau) comme une débile en déambulant, le nez sur la montre que je n'ai pas pendant tout un tas de minutes.
Parce que je ne supporte pas les gens en retard, j'ai un côté "l'heure c'est l'heure" assez rigide et plutôt inadapté à la vie en France. Car les horaires dans ce pays, il n'y a que moi qui le respecte visiblement. Disons que nous sommes une poignée à penser que pour un rendez vous fixé à 15h, il est de bon ton d'être présent à 15h (donc 14h35).
09:46 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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mardi, 05 janvier 2010
Parlons panne.
Dans la masse de ces sujets tabous qui planent au dessus de nos couches, j'ai décidé, en ce jour d'Ebola, d'en tirer un. Et non des moindres puisqu'il s'agit de l'impuissance.
Je ne parlerai pas là d'impuissance chronique, rédhibitoire, de celle que seules les pompes à pénis et autres blue pills peuvent enrayer, je me contenterai de causer de la panne, passagère.
Pourquoi en parler ?
Et là, mes trop nombreux amants se lèvent du canapé du salon, leur ordinateur portable sous le bras, la gorge serrée, et disent à leur épouse "euh je reviens chérie, j'ai un email important à envoyer".
Mais NON JE NE PARLE PAS DE VOUS. Voyons.
Donc... Oui, la panne.
18:42 Publié dans PSYCHO DE CON COUARD | Lien permanent | Commentaires (49) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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